03 mars 2008
Le "monde de la culture" est appelé à souffrir dans les cinq prochaines années...
François Fillon, premier ministre que d'aucun définissent comme effacé et consensuel a tenu à démontrer sa "solidarité" à l'égard de Nicolas Sarkozy. Il a tenu, d'ailleurs, à marcher dans ses pas.
Après la remise en cause de la carte judiciaire, de la carte hospitalière, de la carte militaire, le premier ministre est allé beaucoup plus loin, en affirmant, lors d'un déplacement à Blois, que les dépenses publiques seraient "gelées" durant l'ensemble de la mandature 2008-2012.
Ainsi, alors que les artistes, et l'ensemble du monde de la culture, dans sa diversité manifestait
vendredi après-midi à Paris et en province, dans le cadre de la
journée nationale de mobilisation, François Fillon, qui estime être Premier ministre d'un pays "en faillite" a estimé que, contrairement aux engagements du candidat (mais aussi du président) Sarkozy, "la culture doit participer à la réduction de la dette au même titre que les autres
ministères".
Lors de ce "déplacement de
campagne", financé par le budget de l'État, et donc par le contribuable, il a affirmé, contre les chiffres, que "le budget de la culture n'a pas baissé" mais
que "comme tous les budgets de l'Etat, il a été gelé".
"Nous avons décidé de geler toutes les dépenses publiques pendant
cinq ans pour une raison très simple: c'est qu'on ne peut pas continuer
à accroître les déficits et à endetter le pays. Les professionnels de
la culture sont capables de le comprendre comme les autres Français" a continué François Fillon. Le même François Fillon qui a multiplié les cadeaux fiscaux aux personnes les plus riches, dont le moindre n'est pas le "bouclier fiscal" chiffré à 15 milliards d'€ par an.
"Il faut que chacun comprenne que
la France ne peut pas vivre à crédit. Il faut que nous résorbions notre
déficit, que nous réduisions notre dette et le monde de la culture y
participera comme tous les autres postes du budget de l'Etat" a-t-il tenu à marteler.
De quoi s'interroger, alors, sur le financement de la promesse présidentielle de compensation intégrale des pertes de ressources engendrées par la disparition de la publicité dans le service public de l'audiovisuel...
D'ailleurs, François Fillon assume : pour lui, l'épanouissement culturel doit être sacrifié. Les grandes structures survivront, et pour les autres, les coupes budgétaires feront de nombreuses victimes : "dans un pays où les activités artistiques sont en pleine
expansion, quand on gèle le budget, ça veut dire qu'on ne peut pas
donner la même chose à tout le monde" a-t-il ainsi reconnu.
Les syndicats et des fédérations de professionnels de la culture
ont publié vendredi un "appel du 29 février" dans lequel ils alertent : "les acteurs culturels commencent l’année 2008 dans la plus complète incertitude concernant leurs financements. Les plus touchées par ce désengagement de l’Etat sont les associations artistiques et culturelles, compagnies, salles de spectacles, lieux d’accompagnement des pratiques amateurs… qui constituent le vivier de la création et de l’innovation, et sont par leur proximité les premières interlocutrices des populations" et rappellent : "les baisses annoncées touchent au financement de la création et de la diffusion. Mais plus encore, à l’heure où l’éducation artistique et le droit à la culture pour tous sont affirmés comme prioritaires par le Président de la République, ce sont les aides aux actions culturelles en zone rurale, dans les quartiers, les écoles, les hôpitaux, les prisons… qui sont largement diminuées, voire annulées".
A l'impératif de culture, et de maintien des services publics dans l'ensemble du territoire, François Fillon s'oppose et le répète sans cesse : "la rupture", c'est "c'est que chacun d’entre nous accepte qu’il y ait moins de services, moins de personnel, moins d’État sur son territoire". On comprend aujourd'hui toute l'ampleur de cette phrase. Les 9 et 16 mars, les français devront choisir entre approuver ou rejeter cette vision des choses.
Commentaires
Gel
Hello,
Plier devant les chauffeurs de taxis ou aller dans le sens du poil de ceux qui réclament toujours plus de sanctions à l'égard des criminels ... c'est espérer regagner quelques voix à droite et au centre. Déclarer que la culture n'est rien d'autre qu'une ligne budgétaire, qu'un produit comme les autres ... c'est ne pas avoir de voix de la part de personnes qui de toutes les façons n'auraient pas voté pour vous. En ces temps de défaite électorale annoncée, les choix sont clairs (pour une fois).
Bonne semaine. @ + ...
ce pourquoi il ne faudra pas voter Roig (ou homologue) dans une ville à l'opéra de laquelle l'état a décidé de couper les vivres
Ce pourquoi hier dans une ville très pauvre avec des besoins énormes de logements; transport etc... il a été réaffirmé que la culture créait le "vivre ensemble" indispensable, (et accessoirement dans le cas d"Avignon était bètement une question économique) - culture pour le peuple et non culture de masse.
Et inquiétude pour le projet d'un bébé Darmsdatt du théâtre dont le projet était en bonne voie.
Une ville où les initiatives foisonnent mais sont fragiles
Couper les vivres au magnifique réceptacle de talents qu'est l'Opéra d'Avignon est un scandale. Et j'aimerais que les électeurs, en se rendant aux urnes, se le représentent...
la culture, budget sacrifié, rien d'étonnant malheureusement.
quand on a comme président un fan de Johnny et de Christian Clavier, on peut s'attendre à ce genre de chose;
c'est évidemment honteux, et triste, très triste
@ Céleste
Tous les régimes autoritaires ont toujours considéré la culture comme un danger, parce que facteur d'émancipation des citoyens.
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