08 mars 2008
Les droits de la femme sont un élément du droit international et un besoin économique
L'égalité des sexes a été reconnue par l'Organisation des Nations Unies (ONU) comme un "facteur essentiel pour la réalisation des priorités des Nations Unies en matière de paix et de sécurité, des droits de l′homme et du développement", et inscrite, en 2000, au coeur des OMD (Objectifs du Millénaire pour le Développement)*.
Dans le corpus juridique international, de très nombreuses conventions et accords concernent l'égalité des sexes et le droit à l'autonomie des femmes. On peut citer, par exemple,"la Plateforme d′Action" de Pekin, le Consensus de Monterrey et le Document Final du Sommet Mondial 2005.
Ces textes permettent aux différentes organisations internationales et aux ONG de bénéficier de ressources suffisantes à l'élaboration et à la promotion de programmes soutenant les droits
des femmes, considéré comme "une priorité pour le développement économique".
Le thème de la Journée Internationale de la femme 2008 est "Investir dans les femmes et les filles".
Ci dessous, un petit argumentaire tiré de la documentation de l'ONU pour permettre une conscience plus fine de l'importance économique et sociale de l'émancipation de la femme.
La situation actuelle :
Selon les estimations de la Banque Mondiale, 64 % des 867 millions d′adultes qui ne savent pas lire aujourd′hui sont des femmes. De plus, la majorité des 113 millions environ d′enfants âgés de 6 à 11 ans non scolarisés sont des filles. Des recherches montrent que 60 % des jeunes non scolarisés sont des filles.
En moyenne, seuls 5 milliards et demi d'euros sur les 17 milliards d′aides bilatérales ont été affectés à des secteurs et activités promouvant de manière explicite l′égalité des sexes en 2005-2006, selon le Comité d′Aide au Développement (CAD) de l′OCDE. La majeure partie de ces fonds a été allouée aux secteurs sociaux, principalement les secteurs de la santé et de l′éducation, tandis qu'un pourcentage limité a été affecté à la promotion de l′égalité des sexes dans des domaines tels que l′agriculture, les infrastructures ou la finance.
Investir dans les femmes et les filles dispose d′un effet exponentiel sur la productivité, l′efficacité et la croissance économique soutenue. Les femmes instruites disposent d′opportunités économiques plus nombreuses et sont davantage impliquées dans la vie publique.
Les femmes instruites ont tendance à avoir des enfants en nombre inférieur et en meilleure santé, ces enfants étant eux-mêmes plus susceptibles d′être scolarisés. L′éducation augmente également la capacité des femmes et des filles à se protéger contre le VIH.
Les femmes réalisent des contributions de longue portée envers l′éradication de la pauvreté et le développement. Lorsque les femmes se voient offrir la possibilité d′accéder à l′éducation et aux ressources et de participer à la vie politique, non seulement leur qualité de vie est améliorée, mais les économies s′en trouvent également renforcées.
Selon les estimations de la Banque mondiale, une augmentation de 1% du nombre de femmes ayant reçu une éducation secondaire conduit à une augmentation de 0,3 % du revenu par habitant.
Les femmes instruites et en bonne santé sont davantage capables d′entreprendre des activités productives et de recevoir des revenus supérieurs. Les investissements réalisés dans les femmes, ces mêmes femmes qui sont en charge de la future génération, fournissent des contreparties pendant des décennies.
Les femmes plus instruites sont capables de profiter des nouvelles technologies et des opportunités qui sont créées par les évolutions économiques. L′accès croissant des femmes à la propriété foncière, au crédit et à d′autres ressources augmente leur bien-être ainsi que celui de leur famille et de leur communauté et réduit le risque de pauvreté.
L′accès insuffisant des femmes au crédit, à la propriété foncière, aux soins et à la formation aux nouvelles technologies, les opportunités moindres qui leur sont offertes en matière d′éducation et d′emploi par rapport aux hommes et leur marginalisation dans le processus décisionnel n′affectent pas uniquement leur vie et la vie de leur famille, mais nuisent également au développement du capital humain et à la participation de la force de travail.
Les femmes sont prédominantes dans les emplois faiblement rémunérés, de piètre statut, à temps partiel ou le travail à façon, qui limitent fortement les possibilités d′accès à la sécurité sociale. Même pour un travail similaire, les femmes reçoivent généralement une rémunération inférieure de 20 à 30 % à celles des hommes. La création d′emplois, la formation et le ciblage des crédits, en particulier pour les petites et moyennes entreprises à travail intensif, sont essentiels pour faciliter l′accès à l′emploi des femmes. Ces dernières contribuent à deux tiers des heures travaillées à travers la planète, mais reçoivent un dixième des revenus mondiaux et possèdent environ 1 % des propriétés mondiales.
Des opportunités perdues
En Afrique, la quantité limitée d′opportunités en matière d′éducation et d′emploi pour les femmes réduit la croissance annuelle par habitant de 0,8 %. Sans cette réduction du taux de croissance, les économies africaines auraient doublé au cours des 30 dernières années.
La région Asie-Pacifique perd 27 à 30 milliards d'euros par an en raison des restrictions existant en matière d′accès des femmes aux opportunités de travail et 10 à 20 milliards par an en raison des inégalités des sexes en matière d′éducation, selon la Commission économique et sociale pour l′Asie et le Pacifique.
Les pays qui ne parviendront pas à éliminer les disparités liées au sexe dans les secteurs de l′éducation secondaire et primaire d′ici 2015 pourraient voir leur taux de croissance par habitant perdre de 0,1 à 0,3 %, ce qui est très important.
* Les OMD, ou "Millenium goals", forment un ensemble de huit objectifs à atteindre avant 2015.

