10 mars 2008
Municipales : le deuxième tour de la démagogie à droite ?
Les résultats des élections municipales et des cantonales sont connus depuis hier soir. Ils marquent à la fois une nette progression de la gauche au niveau national et une régression de la droite et de l'extrême-droite (même si, parfois, l'on a du mal à distinguer entre "droite" et "extrême-droite", tant la première a recyclé de cadres et de militants du Front national et du MNR.
Immédiatement après 20 heures, les réactions et commentaires se sont multipliés. A droite, Eric Woerth et Jean-François Copé étaient partout. Le premier était visiblement destiné à insulter et couper ses contradicteurs, comme, sur France 2, lorsqu'il décida de priver Olivier Besancenot de la parole, au motif "qu'on ne peut pas dire autant de bétises en autant de mots", lorsque ce dernier souhaitait aborder la question du pouvoir d'achat.
Le second lança, au nom de l'UMP, la campagne du second tour, autour d'une thématique unique : "aux législatives, les socialistes avaient inventé un chiffon rouge avec la TVA sociale, cette fois-ci, il n'y a pas
besoin de chiffon rouge, il y a une réalité, c'est la . Si la gauche passe, comme à chaque fois
qu'elle prend des villes, des régions ou des départements, elle va faire exploser les impôts".
Récapitulons d'abord les (très, très, très) nombreuses fonctions de monsieur Copé :(retenez votre souffle) président du groupe UMP à l'Assemblée nationale, député, maire, président de la communauté d'agglomération du Pays de Meaux, président d'une "commission pour une nouvelle télévision publique". Pendant son temps libre, il est également avocat au sein d'un cabinet dont l'Etat est (ô miracle !) l'un des principaux clients.
Monsieur Copé, donc, devrait être relativement informé sur la vie de son pays et le fonctionnement d'une mairie. Certes, durant la campagne des présidentielles, monsieur Copé a démontré qu'il vivait une "réalité différente" de celle des autres français, puique, à titre d'exemple, celui-ci avait estimé que le revenu moyen des français était de 4.000 euros nets (alors que celui-ci est inférieur à 1.500 euros)...
Puisque monsieur Copé sait à peu près comment fonctionne une collectivité locale, c'est donc un menteur assez pathétique au demeurant. Parce que, bien entendu, la "TVA municipale" n'existe pas. Et que la gauche "à chaque fois qu'elle prend des villes, des régions ou des départements" n'augmente pas les impôts sur les ménages. C'est faux. A Paris, par exemple, pour la première fois de l'histoire, les impôts n'ont pas augmenté en 7 ans. Et dans de très nombreuses villes, la progression des taux a suivi uniquement celle de l'inflation.
Au surplus, dans de nombreux transferts de charges, tels le revenu minimum d'insertion, le revenu de solidarité active, les routes nationales, les transferts de personnels TOS, les bourses, etc. l'Etat s'est défaussé sur les collectivités de charges qui allaient exploser, et qui n'étaient pas budgétisées en conséquence, "l'enveloppe normée" (ensemble des dotations de l'Etat reçues par les collectivités étant désormais limitées à la seule inflation). De droite comme de gauche, tous les élus font le même constat et avertissent, comme le fait l'association des maires de France : à l'avenir, il est fort à craindre que les finances locales soient lourdement impactées par l'obligation de pallier aux carences de l'État dans des domaines aussi importants que le logement, l'éducation, les transports ou le développement durable.
Les mensonges de monsieur Copé sont donc une insulte à l'intelligence des électrices et des électeurs.
Notons, enfin, que très peu de candidats de droite ont promis de ne pas augmenter les taux d'imposition, tant chacun sait que si le gouvernement continue dans cette voie, certaines collectivités seront placées en quasi-faillite...

