26 mars 2008
Martin Hisch prononce l'oraison funèbre du RSA (mais ne démissionne pas pour autant)
Le premier ministre, François Fillon, reconnait aujourd'hui avoir volontairement surestimé la croissance pour fausser la présentation du budget 2008. Il estime aujourd'hui que celle-ci devrait se situer entre 1,5 et 2%, alors même que les experts mondiaux estiment que le PIB peinera à progresser de 1%.
Résultat ? Officiellement, aucune modification, surtout pas de rigueur. En fait, la rigueur est déjà en marche, et depuis longtemps. En droit l'on appelle ce décalage entre la version officielle et les faits une "fiction juridique". Mais ce plan de rigueur ne touche pas tout le monde : il ne vise que les pauvres, les exclus.
Première victime ? Le Revenu de Solidarités Actives, dispositif évitant aux RMIstes de perdre de l'argent lorsqu'ils retrouvent un travail. En effet, Martin Hirsch, le "haut commissaire aux Solidarités actives", affirme, dans un entretien au quotidien "Ouest-France" redouter que le gouvernement "ne laisse tomber" le RSA. 27 département avaient été retenus pour son expérimentation, mais les financements de l'Etat ont toujours manqué. Ainsi, lors du vote du dispositif, à l'été dernier, dans la loi TEPA ("travail, emploi et pouvoir d'achat"), 15 milliards de crédits étaient mobilisés pour des aides aux ménages les plus aisés, contre 20 millions seulement à ce dispositif qui se voulait "révolutionnaire".
"Aujourd'hui l'Etat doit décider s'il mettra ou non le paquet pour aller jusqu'au bout en 2009. Depuis trois ans que je défends le RSA, je n'ai jamais prétendu que l'on pouvait faire une réforme de si grande ampleur avec des clopinettes", a déclaré Martin Hirsch, pour qui "le scénario est compris entre 2 et 3 milliards d'euros", alors que le premier ministre annoncé lui un gel de l'ensemble des crédits pour les cinq prochaines années.
Et le haut-commissaire Hirsch de justifier sa présence au gouvernement, et son acceptation de nombreuses dérives : "Je mets toute mon énergie pour convaincre. [...] Je sens que nous sommes sur la ligne de crête: quand se font jour les tentations de refermer le couvercle sur les allocataires de minima sociaux et les travailleurs pauvres, il faut basculer sur le bon versant, là où la réalisation du RSA deviendrait certaine", avant de confier son désarroi et sa colère : "On peut dire qu'on ne veut pas le faire, on ne peut pas, en revanche, nous opposer que c'est impossible".
Le RSA devait permettre à un million de personnes à terme de passer au dessus du seuil de pauvreté, avec une généralisation en 2009. Martin Hirsch ne fait qu'avouer ce que la gauche, les travailleurs sociaux et le collectivités locales ont pointé du doigt depuis le début.
Commentaires
là sa position devient injustifiable. Et ne pas oublier que le RSA,belle idée, risquait déjà d"enfoncer encore plus ceux qui n'étaient pas"employables" ou même ceux qui n'auraient pas trouvé même l'ombre d"un boulot.
Et dans combien de temps en sera-t-il de même pour Fadela Amara ?
Mais le premier ministre a répondu à Hollande que le paquet fiscal avait réinjecté de l'argent dans l'économie. Ou sur des comptes ? au moins pour une notable partie.
Ca ne sera pas te (et vous) faire injure, Bruno, de dire que cela fait bien (et trop) longtemps que les premiers ministres et ministres de l'économie font voter à l'assemblée un budget faux. Le dernier budget de Fabius en 2002 était au moins aussi déconnant que celui voté aujourd'hui ou que ceux votés sous le règne du sémillant Breton.
Cela n'excuse en rien que le budget qui sera voté sous peu est faux, mensonger, aggravera la situation économique du pays France, et est une honte pour la politique française.
Sur le RSA, je trouvais l'idée magnifique et merveilleuse. Aider la personne qui veut s'en sortir à s'en sortir, le prendre par la main pour qu'il puisse être autonome et s'en sortir par ses propres moyens, ce n'est ni de droite ni de gauche comme démarche et comme idée. Et c'est pour ça aussi que Martin Hirsh, qui me semble 'au delà de la politique', est une personnalité qui me séduit .
J'espère simplement et sincérement que dans 4 ans, nous ne concluerons pas que Hirsh n'était qu'un gadget de l'ouverture sarkozyste... La France n'y gagnera pas si tel est le cas.
Bonne journée à vous
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