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27 mars 2008

Un 27 mars à Nanterre, il y a 6 ans...

C'était un mardi 27 mars, en 2002. En fin de soirée, peu après 1 heure du matin, à l'issue d'un conseil municipal présidé par Jacqueline Fraysse, la maire de Nanterre (dont la dignité exemplaire, le courage et l'abnégation furent exceptionnels).

Richard Durn était dans les tribunes, comme souvent. C'est alors qu'il se mit à tirer, tirer, et tirer encore, avec deux pistolets automatiques 9 mm et un 357 magnum, tuant 8 personnes : 4 femmes, 4 hommes, tous élus du conseil municipal, de la majorité ou de l'opposition :

Image

- Louisa Benakli, communiste, 40 ans, adjointe déléguée à l'enfance

- Jacqueline (que tout le monde appelait Jacotte) Duplenne, communiste de 48 ans et adjointe déléguée à la jeunesse et à l'enseignement

- Christian Bouthier, communiste, 46 ans, conseiller municipal

- Monique Leroy-Sauter, gaulliste de 43 ans, conseillère municipale

- Olivier Mazotti, 38 ans, militant de la droite à Nanterre et conseiller municipal

- Valérie Méot, 40 ans, et  dirigeante du PCF de Nanterre, conseillère municipale

- Michel Raoult, 58 ans, conseiller municipal, militant de la droite ultra-catholique et anti-avortement

- Et Pascal Sternberg, 30 ans, pilier des Verts d'Ile de France, dont il était conseiller régional et conseiller municipal.

Sans compter les 14 blessés graves et les 5 blessés plus légèrement. Les témoins déclarèrent que les élus survivants avaient tous réagi avec un très grand courage pour ceinturer Richard Durn, venir au secours des victimes. 36 heures plus tard par un ultime pied de nez, Richard Durn s'est donné la mort, en se défenestrant lors de sa garde à vue au 36, quai des Orfèvres à Paris.

Cette effroyable tragédie mérite de rester dans toutes les mémoires, moins de deux semaines après les élections municipales, afin que tous, ici et ailleurs, nous gardions un infini respect pour tous les élus de la République, quels qu'ils soient, qui se dévouent pour leur commune, leur département, leur région, dans les plus de 36.000 mairies de notre pays, véritables temples de la démocratie.

Posté par jurisconsult à 17:39 - Humeurs... - Commentaires [8] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

merci pour le rappel - un peu honte,mais à vrai dire je n'avais pas retenu la date à l'époque, juste le fait,massif

Posté par brigetoun, 28 mars 2008 à 10:04

@ Brigetoun

Je n'éprouve pas un amour immodéré des anniversaires non plus... Reste, le plus important : ne jamais oublier cette tragédie.

Posté par Bruno Lamothe, 28 mars 2008 à 20:20

J'étais à un jet de pierre de l'hôtel de ville la nuit où ça s'est produit. Mes camarades sont tombés ce jours là. Le tireur était juste derrière les élus, à la jonction du groupe communiste et de l'opposition (ce qui explique leurs pertes plus lourdes que les notres). Deux camarades ont litéralement fait barrage de leur corps pour tenter de protèger l'assemblée et ceinturer le forcené. Ils l'ont payé de leur vie.
Mes amis ont été blessés dans cette tragédie, je pense en particulier à Marie-Laure dont le bras a été litéralement puvérisé. Elle l'a gardé en écharpe presque un an. Elle n'en retrouvera jamais l'usage complet.

Marie-Laure est Conseillère Municipale, assure l'éducation d'un ado difficile tout en s'occupant d'un mari handicapé et d'une campagne présidentielle compliquée au moment où tout celà s'est produit. Eh ben elle a continué à assumer toutes ses responsabilités malgrès tout, dès qu'elle a pu à nouveau tenir debout et parler sans fondre en larmes (jamais en public).
Je repense à son regard acéré avec beaucoup d'émotion, à nos engueulades chroniques...

Les soins de Marie-Laure et de nombreux élus blessés n'ont pas été totalement pris en charge par la sécurité sociale. Des enfants se sont retrouvés orphelins, des conjoints veufs et voeuves, sans ressources. Heureusement que la solidarité municipale a pu jouer et que le contrôle des finances de la commune par la préfecture a pu faire quelques entorses.

Rien n'est prévu pour des situations de ce genre. Ca fait pourtant des années qu'on parle de statut de l'élu !

Ca ne s'est pas produit par hasard. Ce fou était connu des professionnels de la psychiatrie. Personne ne l'a empêché de s'inscrire dans un club de tir sportif. Il y a eu un défaut de contrôle par des autorités sanitaires par ailleurs débordées. Et puis il y a le climat politique à Nanterre dans ces années là. Probablement les pires relations que j'ai vu à l'intérieur même de la gauche. Ca aussi, ça a joué.

Posté par Tom-, 28 mars 2008 à 23:14

Merci du témoignage, Tom. Non, bien entendu, ce drame n'était pas le fruit du hasard. Et non, les survivants et les morts n'ont pas été traités comme il l'aurait fallu. Tu as tout à fait raison.

Mon souvenir le plus vif concernant ce drame reste et restera les odeurs très fortes, de sang et de poudre, dans la salle des conseils, même plusieurs jours après.

Posté par Bruno Lamothe, 28 mars 2008 à 23:51

Trés bel hommage... L'évènement m'avait profondément touché.

Bon weekend

Posté par Falconhill, 29 mars 2008 à 09:03

Tom a raison

J'étais aussi sur Nanterre à cette époque le matin de très bonne heures dans la nuit ,j'ai été coincé dans la rue de Courbevoie par les bagnoles de flics et d'Europe 1.

un pote m'avait dis vers 4h00 du matin que il y avait eu une tuerie a la mairie, j'avoue ne pas l'avoir cru de suite, mais comme il était très impliqué dans la vie politique de Nanterre, j'ai compris qu'il s'était passé quelques choses de sérieux.

je sais que c'est un évènement qui m'a marqué et j'ai encore le souvenir de la ville se rendant au parc des sports pour l'hommage aux victimes, après les belles promesses, rien de concret

je vais paraitre dur , mais je me suis demander pourquoi cela arrivait dans une mairie qui fait plutôt tout pour les gens défavorisés et pas dans une mairie qui écrase les faibles.

je me suis aussi posé la question du chiffre, si ce fou qui en avait après la terre entière avait défourailler contre un 304 bourré à université ou devant le collège, ou dans le RER devant chez sa maman ?

Posté par cynique, 30 mars 2008 à 11:55

Content de te voir ici, Cynique. Je crois que Durn s'en est pris aux élus, parce qu'il n'en faisait pas partie, malgré ses tentatives, et parce qu'il était déjà "hors cadre". Il s'est attaqué aux élus de Nanterre parce qu'ils étaient proches, justement, accessibles. Il en connaissait beaucoup, d'ailleurs.

Posté par Bruno Lamothe, 30 mars 2008 à 22:09

Merci

Bonjour Bruno,

Merci pour le rappel...

Cordialement

Eric

Posté par eric bloggeur, 01 avril 2008 à 18:39

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