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12 avril 2008

SNCF-RFF : la Cour des Comptes met en cause une gestion catastrophique du gouvernement...

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C'est un rapport qui tombe opportunément, en pleine polémique sur la volonté de suppression des "tarifs sociaux" de la SNCF par l'Etat, volonté suivie d'un retour en arrière. Et véritablement, à la lecture des accusations de la Cour des Comptes, l'on se dit que la carte "Familles nombreuses" est l'arbre qui cache la forêt.

La Cour des comptes va rendre public mercredi un rapport qui dresse de très sévères critiques sur la réforme du système ferroviaire de 1997 et fustige le rôle de l'Etat, estimant notamment que "cette réforme a favorisé le développement des lignes TGV au détriment de l'entretien du réseau".

La loi du 13 février 1997, mise en place par le gouvernement Juppé, et plus précisément par sa secrétaire d'État aux transports, Anne-Marie Idrac, a divisé en deux les activités ferroviaires publiques, en créant une entité propriétaire des voies ferrées, Réseau Ferré de France (RFF), distincte de la société exploitante, la SNCF.

RFF doit assumer le financement et l'entretien des voies sur près de 30.000 km de réseau. Les magistrats financiers pointent du doigt une réforme vieille de 11 ans, et pourtant "à ce jour inachevée", ainsi qu'une  "stratégie incertaine".

Ainsi, selon un communiqué de la Cour des Comptes, "les investissements de la SNCF et de RFF, généralement décidés par l'Etat, ont de facto donné priorité au développement du réseau, notamment les lignes à grande vitesse [ndlr : très rentables, compte-tenu des tarifs pratiqués], plutôt qu'à son renouvellement", au mépris de recommandations précédentes, inscrites dans un rapport publié en 2005 et qui avait jugé "catastrophique" l'état du réseau classique, "au point que la SNCF doit faire rouler ses trains au ralenti sur certaines portions", ce que dénoncent régulièrement l'Association des Régions de France ainsi que les usagers de transports publics.

L'Etat, juge la Cour, "s'est avéré incapable d'assurer pleinement son rôle d'arbitre et de régulateur [...] malgré des conflits récurrents entre les deux opérateurs en particulier sur la question des péages ferroviaires".

Selon la Cour, les pouvoirs publics ont même "pris des décisions sur la base de compromis peu satisfaisants et sans fondement économique", c'est à dire, clairement, pour satisfaire des demandes politiques.

Ainsi, Réseau Ferré de France n'a jamais "été doté des moyens d'exercer ses missions: il emploie ainsi moins de 800 personnes alors que les effectifs de la SNCF affectés à l'infrastructure sont d'environ 55.000 (sur un total de presque 170.000 agents en 2006)".

La situation qui résulte de ces non choix est la suivante : la loi a créé deux entités disctinctes, en espérant sans doute privatiser la SNCF, et dotant RFF de l'essentiel de la dette de la SNCF, forçant la nouvelle entité à supporter un endettement qui se monte à près de 28 milliards d'euros, permettant de présenter un endettement de la SNCF à moins de 5 milliards, et surtout de publier un bénéfice d'un milliard d'euros, alors que RFF a essuyé en 2006 une perte de 283,4 millions d'euros.

D'ailleurs, cette situation est durable, puisque la loi de 1997 n'a absolument pas accompagné ses choix de moyens adéquats. Du coup, "même si c'est RFF qui est propriétaire des voies, il rémunère la SNCF pour entretenir le réseau. En retour, cette dernière verse quasiment la même somme à RFF en péages pour utiliser les voies, soit environ 2,75 milliards d'euros par an".

Ces critiques vont apporter de l'eau au moulin du président de RFF, Hubert du Mesnil, qui s'estime «pas bien traité» par l'Etat et demande régulièrement de nouveaux moyens de financer le réseau.

En réponse, le gouvernement et Nicolas Sarkozy se sont prononcés en faveur de la hausse des péages ferroviaires en 2010, c'est à dire que l'État refuse d'apporter le moindre financement public pour réparer une situation quasi-totalement due à ses propres choix. Mais qui payera ? La SNCF a déjà prévenu : on ne pourra pas augmenter "indéfiniment" les péages sans provoquer immédiatement de nouvelles suppressions de lignes, de gares, et surtout des augmentations massives du prix du billet.

Posté par jurisconsult à 11:47 - services publics - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


Contre Vichy, contre la vision sarkozyste de la France : Résistance !

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Le titre se veut être éloquent : et s'il était temps de résister, de s'opposer, vraiment ? Combien de temps allons-nous accepter plus ou moins la situation comme si elle était issue d'une fatalité, triste et cruelle, certes, mais fatalité quand même ?

L'excellent Sébastien Fontenelle, le 6 avril dernier, se posait déjà la question : "jusqu'à quand ?", en pointant du doigt une situation inacceptable : "Police Partout, "Socialistes" Nulle Part"...

Tous les jours, l'implacable politique de chasse aux étrangers lancée par Nicolas Sarkozy, François Fillon, Brice Hortefeux et leurs semblables se poursuit, voire s'accélère, se propage, et nous, lassés, nous fermons les yeux, silencieusement révoltés, mais incapables de réagir. Certes, une prise de position individuelle a peu de poids face à la politique "industrielle" de la vichysation de la France et de sa politique.

Mais nous nous devons, à la mémoire des victimes des rafles, des victimes d'expulsions, de ne pas rester sans réagir. D'aucuns, à droite, hurleront en disant qu'en France, quand on est républicain, on applique la loi, et on dénonce consciencieusement son voisin, y compris anonymement, parce que c'est la loi, et qu'on n'a pas à réfléchir.

Mais est-ce vraiment la République qu'un régime dans lequel les citoyens ont peur de la police, si peur qu'ils en viennent à se jeter, qui sous des rames de métro, qui dans un canal, qui par la fenêtre, pour ne pas être réexpédiés vers des contrées inamicales comme de la marchandise ?

Mais est-ce vraiment la République qu'un régime qui bafoue les principes érigés par la République comme étant des normes fondamentales, au nom desquels l'égalité, la liberté et la fraternité ? A-t-on oublié les combats pour faire reconnaitre que "les Hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits" ?

La désobéissance est-elle vraiment du côté que l'on croit ? L'amour de notre pays est-il vraiment du côté de ceux qui trient entre les couleurs, demandent de faire preuve d'une prétendue utilité, qui ordonne de quitter le territoire à une veuve ou à une femme qui prétendrait divorcer ? Ou, l'amour de notre pays est-il, au contraire, du côté de ceux qui choisissent de tout quitter pour venir vivre ici, accepter de subir des contrôles au faciès, les humiliations quotidiennes, mais qui s'accrochent, parce qu'ils veulent vivre ici, aiment ce pays, ses valeurs ?

Aujourd'hui, il nous faut décider si nous comptons fermer les yeux encore longtemps, si nous comptons faire comme si cela n'existait pas ? Aujourd'hui, il nous faut accepter de résister, si cela est nécessaire, en refusant la délation, et en acceptant de prêter aide et assistance à ceux qui en ont besoin. Maintenant. Partout. Pour la République, pour la France.


>> Réseau Education Sans Frontières

>> Unis Contre une Imigration Jetable (UCIJ)

Posté par jurisconsult à 10:40 - Humeurs... - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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