14 avril 2008
Nicolas Sarkozy et ses amis entament la déconstruction de l'Etat et des acquis sociaux...
Durant les élections présidentielles et législatives, puis les municipales, la gauche l'a dit, et répété : avec la droite au pouvoir, c'était une lente descente aux enfers pour l'Etat-providence qui allait débuter, une lente déconstruction des acquis sociaux de notre pays qui allait immanquablement se mettre en place, telle un rouleau compresseur. Nicolas Sarkozy allait copier sur le modèle américain, puisqu'il est, selon l'expression d'Eric Besson, "un néoconservateur américain à passeport français".
Mais personne n'aurait pu imaginer que Nicolas Sarkozy et sa majorité iraient aussi loin dans la casse des acquis sociaux. Et jugez plutôt si le week-end a été faste, nous promettant un moi de mai... chaud :
Premier épisode, en fin de semaine dernière, monsieur Bussereau annonçait qu'il mettrait en oeuvre une des propositions de la RGPP (Révision générale des politiques publiques) consistant en la suppression des tarifs sociaux (carte famille nombreuse, abonnements étudiants, cartes vermeil, etc.) à la SNCF. Emoi, convocation en urgence des associations à l'Elysée, puis mini-recul : les tarifs sociaux seraient maintenus, mais avec obligation pour la SNCF de verser plus de dividendes à l'Etat, ce qui revient au même, in fine.
Deuxième épisode : ce dimanche, quelques jours après avoir annoncé une hausse du tarif des honoraires des médecins, Roselyne Bachelot-Narquin annonce, en direct, la fin du remboursement des soins d'optique et dentaires pour faire peser cette charge sur les mutuelles, ce qui signifie, en d'autres termes, une santé à plusieurs vitesses, et, partant, une privatisation de fait de la sécurité sociale.
Troisième épisode : le gouvernement, par la voix d'Eric Woerth et Xavier Bertrand annonce son nouveau plan de pénalisation et de stigmatisation des chômeurs, alors qu'il a "oublié" de consulter les partenaires sociaux, qui pourtant financent et gèrent l'Assedic sur celui-ci. Les chômeurs, une nouvelle fois, sont montrés du doigt : s'ils ne retrouvent pas de travail sous six mois, c'est de leur faute, c'est qu'ils se sont "installés durablement" dans le chômage. La solution ? Leur proposer des OVE (Offres prétendument valables d'emploi), loin de chez eux et payées 30% de moins que leur ancienne rémunération, sous peine de suspension ou de suppression de leurs droits.
Quatrième épisode : Vers la suppression du Revenu de Solidarité Active. Les services de Bercy et de Matignon avaient chiffré à 3 ou 4 milliards d'euros le coût du dispositif en année pleine. Martin Hirsch s'était vu, cette semaine, proposé un milliard, après avoir exprimé ses craintes sur une éventuelle suppression. Dimanche, le "Haut commissaire" Hirsch s'est vu proposé une "expérimentation" sur trois ans, avec un budget dérisoire de 700 à 800 millions d'euros, "pas assez" pour obtenir des résultats selon lui...

