01 mai 2008
1er mai 1993 - 1er mai 2008 : Hommage à Pierre Bérégovoy, victime de la calomnie et de la haine
Il y a quinze années, jour pour jour, dans la soirée du samedi 1er mai 1993 disparaissait Pierre Bérégovoy, victime de la haine et de la calomnie.
La cérémonie, à laquelle j'ai eu l'honneur d'assister, ce matin au Cimetière Jean Gautherin a été marquée par l'absence criante de membres du gouvernement, et par l'ignominie de la rumeur, propagée par des charognards, au rang desquels des chaines de télévisions, des "biographes" autoproclamés et des élus de la République, dont l'honnêteté n'a jamais été la caractéristique principale (bonjour, Bernard Debré).
Le drame de la mort de Pierre Bérégovoy a profondément touché l'immense majorité des françaises et des français qui se sont joint en pensées au deuil de la famille de l'ancien premier ministre. Cette émotion est toujours aussi vive chez nombre d'entre nous alors que nous célébrons le quinzième anniversaire de sa disparition. Il y a, chez les nivernais que j'ai eu l'immense chance d'accompagner ce matin au Ci reconnaissance de sa valeur qui s'est imposée trop tardivement, mêlée à un attachement profond dont a témoigné et témoigne encore l'émotion sincère qui n'a pas quitté les cœurs depuis deux ans.
Pierre Bérégovoy était un homme simple, un homme bon, rarement en colère : c'était "quelqu'un de bien".
Dans la gorge et sous la plume de François Mitterrand, le 4 mai 1993, il y avait de la tristesse, de la colère, et des mots qui rendent hommage tout en faisant réfléchir : "l'émotion, la tristesse, la douleur qui vont loin dans la conscience populaire depuis l'annonce de ce qui s'est passé samedi, en fin de journée, près de Nevers, sa ville, notre ville, au bord d'un canal où il était souvent venu goûter la paix et la beauté des choses, lanceront-elles le signal à partir duquel de nouvelles façons de s’affronter tout en se respectant donneront un autre sens à la vie politique ? Je le souhaite, je le demande et je rends juges les Français du grave avertissement que porte en elle la mort voulue de Pierre Bérégovoy".
Ce mots sont toujours d'actualité, ce cri, cet avertissement, encore du moment. Les chiens de 1993 sont toujours là, jusqu'aux plus hautes fonctions de l'État. Mais ce n'est pas (encore) l'heure de régler des comptes... "De mortuis nihil nisi bonum" (des morts, il ne faut parler qu'en bien), disait l'adage latin. Concernant Pierre Bérégovoy, nous n'avons pas à nous forcer.
Commentaires
décision qui appartient à la famille, mais est il vraiment indispensable de relancer la polémique sur cette mort (on peut être poussé au suicide)
La famille Bérégovoy est durement touchée par les ignominies colportées par des charognards, par "les chiens", qui sont les mêmes qu'en 1993.
Certains papiers donnent une couleur éditoriale invisible jusque là… Des anciens articles précédemment lus et relus comme chronique référence se transmutent, d’un seul coup, en vulgaire contre-propagande… à deux balles… Dommage !!! Paix à son âme…
tout à fait ce que j'ai ressenti à l'annonce de sa mort: le sacrifice d'un honnête homme.
ce fut la fin de ma naïve confiance dans les personnages politiques
Merci pour ce bel hommage toujours nécessaire.
Il faut parler des "gens bien". Beaucoup. Et encore plus quand ils ne sont plus là pour se défendre.
Magnifique billet, pour un grand homme politique qui inspire le respect, que l'on soit de droite ou de gauche.
Quand je lis certains acharnements contre des personnalités, de droite comme de gauche (je me souviens Hervé Gaymard par exemple), je me dis que la leçon a bien mal été apprise...
Et que toute personnalité, que l'on soit d'accord ou non avec sa politique et ses positions, mérite respect.
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