08 mai 2008
Nicolas Sarkozy est-il digne de la fonction de président de la République ?
François Hollande a estimé, hier, que Nicolas Sarkozy n'est "pas digne de la fonction qu'il occupe". Et il est vrai que l'actualité récente nous force à nous interroger. Et de constater que même sous la présidence de Jacques Chirac, si l'opposition a quelquefois demandé sa démission (essentiellement pour cause de problèmes avec la justice), elle n'a jamais considéré qu'il manquait de dignité dans l'exercice de ses fonctions.
Mais avec Nicolas Sarkozy, certains ont quelque peu l'impression d'avoir "changé de dimension". On se souvient de la manière dont Nicolas Sarkozy, durant la campagne et depuis son élection a cherché, de manière absolument outrancière, en même temps, à se servir de ses épouses à des fins de communication et à contrôler ce qu'en disait la presse, faisant renvoyer le directeur d'un hebdomadaire (Paris Match pour ne pas le citer) qui avait l'heur de ne lui point plaire.
L'on se souviendra (et la presse à sensation le fera avec plaisir) de ses vacances à Malte, de ses diners au Fouquet's, de son séjour à Wolfeboro (pendant que Angela Merkel faisait tranquillement ses courses au supermarché de son quartier). L'on se souviendra également de son empressement à faire augmenter son traitement de 146% (soit 11500 euros).
Hier, le président Sarkozy s'est permis, devant les 262 députés UMP convoqués à l'Elysée, de critiquer ses prédécesseurs à droite, Jacques Chirac et le général de Gaulle, qui auraient été incapables de se faire élire avec autant de brio que lui. Catherine Vautrin a jugé ses propos "agressifs", tandis qu'Hervé Mariton s'indignait "il n'est pas obligé de dire du mal des autres".
Mais, plus grave, Nicolas Sarkozy s'en est pris, avec une violence inouie, selon les participants, à la presse, l'accusant de ne pas assez relayer ses messages, et ceux de ses porte-parole. Ainsi, le président de la République a annoncé qu'il avait tout tenté pour sur-médiatiser "la condamnation de Ségolène Royal dans l'affaire de ses ex-collaboratrices", désignant tout d'abord l'AFP, coupable de n'avoir pas fait passer un communiqué de presse de Frédéric Lefèbvre très proche du cercle sarkozyste. L'AFP a réagi contre cette volonté présidentielle de faire écrire par ses amis les dépêches de l'agence, et protestant contre "les pressions exercées".
Enfin, la journée d'hier s'est terminée sur l'annonce par la presse de la nomination, au tour extérieur et par décret de Nicolas Sarkozy, d'Arnaud Teullé (qui avait été conseiller de l'Elysée en charge de la gestion politique des Hauts-de-Seine, et qui s'était illustré lors des municipales à Neuilly par le lâchage de David Martinon, et son entrée en dissidence) à la fonction d'Inspecteur de l'Académie de Paris. Il sera accompagné par son ami David Teillet, ancien délégué général de l'UNI (sorte de pseudo-syndicat étudiant satellite du la droite et de l'extrême-droite), et par ailleurs chef du cabinet de Xavier Darcos à qui il doit l'ensemble de sa (jeune) carrière, ainsi qu'à Philippe de Villiers, dont il a été le collaborateur. Ces deux produits de l'UMP ont pour principale originalité de ne correspondre en rien à la fonction d'Inspecteur d'Académie. Mais ils bénéficieront d'un traitement coquet, d'un logement de fonction, ainsi que d'une belle voiture avec chauffeur.
Alors, oui, posons-nous la question : Nicolas Sarkozy est-il digne de la fonction qu'il occupe ?
Commentaires
pour moi, pour toi aussi je pense, il ne l'a jamais été, et il est assez comique de le voir s'en prendre à la presse qui l'a fait.
Une façon de se dédouaner? et pour elle des remords tardifs ?
en ce cas il est moins efficace que De Gaulle (la liberté de la presse n'était vraiment pas à l'ordre du jour à l'époque on l'a un peu oublié).
Quand à la comparaison avec ses prédécesseurs : il arrive presque à me faire regretterChirac qui avait un souvenir de grandeur - et la comparaison avec De Gaulle(même si j'ai détesté grandir sous celui d'après 68)est au moins pour les qualités humaines totalement destructrice pour notre petit bonhomme(même dans la partie négative : le machiavélisme est chez lui d'une naïveté déconcertante, malheureusement efficace)
pour De Gaulle j'ai voulu dire d'après 1958
A la question que tu poses, je réponds personnellement "NON".
Maintenant, peut être la classe politique (et nous mêmes, militants que nous sommes) avons une part de responsabilité : qu'avons nous proposé d'autres ? J'ai toujours pensé que le deuxieme tour de la présidentielle était un deuxieme tour "à défaut"... soupir...
Bon 8 Mai tout de même... (il fait beau)
PS : Brige, peut on lire les évènements des années 60' avec le même prisme que celui des années 2000 ? Je trouvais aussi incroyable que ce fut un ministre qui vienne présenter le nouveau plateau du journal de 20 heures à la télé, mais à l'époque...
Je te dis ça : j'idolatre des personnages comme de Gaulle, j'aurais peut être eu la même réaction que toi si j'avais grandit sous son pouvoir... Peut être.
Bien entendu, le problème vient également de "l'offre politique" proposée aux français durant la présidentielle. Et pour ma part, j'incline à penser, puisqu'il faut vider l'abcès, que ni madame Royal, ni monsieur Sarkozy, ni quelque candidat que ce soit à la présidentielle de 2007 n'a emporté mon adhésion. Je crains, oui, je crains, que les français n'aient été, une nouvelle fois, floués en 2007, après l'expérience calamiteuse de 2002. Et je lutterais, au sein de ma formation politique, pour éviter que nous proposions le même "non-choix" aux électeurs.
J'aimerais bien lutter aussi au sein de ma formation politique pour ce genre de chose, mais je n'en ai pas, et pas question que j'aille à l'UMP...
Alors que je pense aussi qu'il faut qu'à droite, qui est aussi plurielle que la gauche, avec ses infréquentables, ses "durs" et radicaux, ses modérés, ses conservateurs, ses réformistes, ses extrèmes, il faut qu'il ait une alternative au Berluscosarkozysme qu'on nous sert en ce moment.
Mais non, c'était dur 2007, parce qu'après 2002 nous étions en droit d'avoir autre chose.
Bonne journée à toi
Elle aurait été plus digne
Lorsqu'on a la prétention d'être président, on doit l'être pour tous ! Il se comporte en chef de bande qui n'hésite pas à inciter la presse à nuire profondèment à son ex-rivale à la présidentielle de 2007. La France ne méritait pas ça. Pas plus, que ces dénigrements à l'encontre de ses prédécesseurs. Chirac a cet immense mérite d'avoir évité l'enfer irakien à la France. Il a eu ce courage de tenir tête aux USA.
Quant à la presse, vous devriez aller jeter un coup d'oeil à la presse internationale. La presse française, à côté, paraît sympa !
la sappe de ce qui avait été amené par la Libération a commencé sous le De Gaulle de ma jeunesse. Mais il avait une autre stature (et je ne parle pas du physique)
Quant à ne plus avoir de famille politique je pense que nous sommes un certain nombre à gauche comme à droite à sortir ainsi de la période.
Je sais je ne devrais pas, mai les municipales, ici, en troisième médiocrité m(ont achevée
C'est une question ???
Salut Bruno,
Bien sûr tu as compris... que c'est de l'humour et non une affirmation...
Bien la photo ... truquage ??
Bésitos
Eric
PS : Le billet quand à lui magnifique !
Ben oui
Quant je disais que les gens avec Sarkozy finirait par regretter Chirac ! je n'avais pas prévu autant et si vite!
ceux qui connaissent Sarkozy sont ceux qui en parlent le mieux d'après Chirac, " marcher sur Sarkozy du pied gauche porte bonheur !
La question de la dignité ou de l'indignité reste très subjective ! Nico a été élu par les français donc en tant que républicain, je prends acte !
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