30 avril 2008
Prix des céréales et droit à l'alimentation : les responsables sont les biocarburants et la spéculation boursière
Jean Ziegler, Rapporteur spécial de l'ONU en charge du droit à l'alimentation est très en colère, et il l'a exprimé lundi avec virulence lors d'une conférence de presse (préparatoire à
une série réunion du Secrétaire général de l'ONU avec les chefs des
différentes institutions des Nations Unies sur la crise alimentaire
mondiale) "bizarrement" passée à la trappe par... la presse.
Jean Ziegler a consacré cette conférence de presse très importante sur deux sujets ayant directement trait à l'alimentation mondiale, afin de faire baisser, immédiatement, le prix des céréales, qui atteint des records : les biocarburants et la lutte contre la spéculation.
Et le constat est accablant : "en un an, le prix du blé a augmenté de 130%, le prix du riz de 74%,
le prix du soja de 87%, et celui du maïs de 53%", dans un contexte d'une "augmentation générale de 48% des
prix alimentaires", telle qu'évaluée par la FAO, organisation mondiale pour l'alimentation. Cette augmentation frappe prioritairement les pays les plus pauvres.
C'est aujourd'hui plus de deux milliards de personnes ("soit le tiers de l'humanité", rappelle le rapporteur de l'ONU) qui "vivent dans l'extrême pauvreté ou en dessous du minimum vital et ne peuvent pas payer ces prix sur le long terme", a-t-il indiqué.
Une des raisons exogènes majeure est la transformation massive de récoltes céréalières en biocarburants, aujourd'hui toujours favorisée par de nombreux États, dont la France. Mais il ne faut pas non plus oublier un mouvement jamais observé de spéculation, responsable de 30% de l'envolée des prix. Le plus scandaleux, selon Jean Ziegler et de nombreux spécialistes des marchés financiers, est que cette spéculation est l'oeuvre d'intervenants financiers soucieux d'effacer rapidement des pertes dues à la "crise des subprime"... François de Witt dénonçait, dans une chronique sur France Info le 24 avril dernier, "la spéculation actuelle sur les matières premières agricoles [qui] a quelque chose d’obscène", estimant que "spéculer sur le blé, sur le maïs, désormais sur le riz, qui représente la base alimentaire de la moitié du globe, paraît carrément ignoble. Pour compenser leurs pertes en bourse, une poignée de capitalistes blasés est prête à affamer le monde".
"Sur 2 milliards de tonnes de céréales produites, 500 millions sont
contrôlées totalement par Cargill",
multinationale américaine (et sans scrupule) de l’alimentation, selon les chiffres collectés par la FAO
Pour Jean Ziegler, le Fonds monétaire international (FMI), "a imposé la plantation de produits destinés à l'exportation, favorisant
ainsi le déclin de l'agriculture de subsistance" : Dominique Strauss-Kahn, nommé directeur du FMI par la volonté de Nicolas Sarkozy, s'il veut prouver qu'il est réellement socialiste, a ainsi l'occasion de s'illustrer
Au final, le rapporteur spécial de l'ONU demande, une nouvelle fois, l'instauration d'un moratoire mondial de cinq ans sur les agrocarburants, en proposant de favoriser les économies d'énergies, les moteurs électriques et la possibilité d'imposer des mesures antipollution plus draconiennes aux fabricants de voiture.
Jean Ziegler a aussi appelé à briser la spéculation par des normes boursières beaucoup plus contraignantes.
29 avril 2008
En Tunisie, Nicolas Sarkozy vient prendre des leçons de démocratie et s'aligner sur la position de George Bush
Nicolas Sarkozy a tenu, hier, des propos extraordinairement choquants en Tunisie. Avant de les examiner, opérons un petit retour en arrière permettant de constater le cheminement du président de la République, ou plutôt la stabilité de sa pollitique en la matière.
La lutte pour la démocratie en Afrique
Le 16 juin 1990, au sommet des chefs d'États français et africains, François Mitterrand faisait part, dans le discours dit de "La Baule" (et devenu un des discours fondamentaux du président français), de sa vision de l'Afrique, et de sa volonté que le vent qui soufflait alors à l'Est souffle bientôt au Sud.
Felix-François Lissouck analysa, en 1994, dans un mémoire de DEA intitulé : "Essai d'analyse d'une contribution à l'instauration de la démocratie dans les états d'Afrique noire d'expression française" le discours de La Baule comme visant à "redéfinir les relations franco-africaines en établissant cette
coopération sur des fondements moraux (démocratie et respect des droits
de l'homme et rationnels (relation démocratie-développement)" et à "influencer le cours de l'histoire
politique des Etats d'Afrique noire francophone et permettre de rendre
compte, sur le plan théorique, de la "gouvernementalité" exogène de ces
Etats".
Le gouvernement Balladur, dès 1993, puis Jacques Chirac ensuite, se sont chargé de remettre en place le système de la "françafrique", et des amitiés étroites avec les dictateurs, se faisant taisant face aux violations répétées des droits de l'Homme.
Nicolas Sarkozy, durant la campagne de l'élection présidentielle de 2007, fit des promesses de "rupture", extrêmement claires : "Les droits de l'homme sont, pour toutes les démocraties du monde, à la
fois un point de départ et un horizon qui se déploie toujours devant
eux. [...] Je veux être le Président d’une France qui se sente solidaire de tous
les proscrits, de tous les enfants qui souffrent, de toutes les femmes
martyrisées, de tous ceux qui sont menacés de mort par les dictatures
et par les fanatismes. [...]
Président de la République, je ne me taierai pas devant ces insultes
aux droits de l'homme. Je ne passerai jamais sous silence les atteintes aux droits de l’homme
au nom de nos intérêts économiques. Je défendrai les droits de l’homme
partout où ils sont méconnus ou menacés".
Promesses qui motivèrent le secrétaire d'État à la francophonie Jean-Marie Bockel, à renchérir en prédisant "l'arrêt de mort de la françafrique". Raté : la fronde des dictateurs africains entraina la chute du sous-ministre.
Il faut dire que Nicolas Sarkozy, en, juillet 2007, dans son "discours de Dakar", avait démontré son mépris, sa haine, même, des peuples africains, en opposant "l'homme moderne", blanc, à "l'homme africain", vivant en "puisant dans les contes, dans les proverbes, dans les mythologies et dans les rites", ajoutant que "l'homme africain n'est pas assez entré dans l'histoire".
Et depuis, le président de la République est devenu l'ami des dictateurs Omar Bongo (Gabon), Idriss Deby (Tchad), Mouammar Kadhafi (Libye), et enfin Zine el-Abidine Ben Ali (Tunisie), offrant, quasi-systématiquement des centrales nucléaires pour preuve de cette amitié.
Tintin-Sarkozy en Tunisie
On se souvient comment Nicolas Sarkozy, lors de la visite du dictateur et tortionnaire libyen Kadhafi, avait oublié de parler de droits de l'homme, on se souvient comment, lors de son voyage en Chine, il avait encore oublié d'emmener sa secrétaire d'État aux droits de l'Homme.
Rappelons-nous qu'il y a un an à peine, l'alors candidat promettait qu'il ne "passerait jamais sous silence les atteintes aux droits de l’homme
au nom de nos intérêts économiques [et] défendrait les droits de l’homme
partout où ils sont méconnus ou menacés".
Avant sa visite du dictateur tunisien Ben Ali, le président de la République avait promis qu'il ne se priverait pas d'aborder les nombreuses violations des droits de l'Homme et des libertés fondamentales. Changement de cap, hier. La Tunisie est devenue un modèle, dont la France pourrait s'inspirer : "Je ne vois pas au nom de quoi je me permettrais, dans un pays où je
suis venu en ami et qui me reçoit en ami, de m'ériger en donneur de
leçons", a-t-il déclaré avant d'affirmer au président tunisien : "Aujourd'hui, l'espace des libertés progresse, j'ai pleinement confiance dans votre volonté de vouloir continuer à élargir l'espace des libertés en Tunisie".
Mais, pire, peut-être : Nicolas Sarkozy s'est immédiatement aligné sur la position de George Bush au regard des violations de libertés fondamentales face à la lutte contre le terrorisme : "Qui peut croire que si demain, après-demain, un régime du type taliban s'installait dans un de vos pays au Nord de
l'Afrique, l'Europe et la France pourraient considérer qu'elles sont en sécurité ? J'appelle chacun à réfléchir à cela".
Cette position, ces déclarations, sont une atteinte intolérable à l'esprit même de la République et portent gravement préjudice à l'image de la France comme pays défenseur des droits de l'Homme.
21 avril 2008
Carte judiciaire : les recours des petites villes et des syndicats des professions judiciaires déposés
Ca y est, on l'a appris ce matin : plusiers villes membres de l'Association des Petites Villes de France (APVF), qui l'avait annoncé dès le mois de février, ont déposé, devant le Conseil d'Etat, des recours contre les décrets du 15 février 2008 relatif à la réforme
de la carte judiciaire.
Le décret n° 2008-145 du 15 février 2008 (JO du 17 février)
dresse la liste des 178 tribunaux d'instance et 23 TGI supprimés,
tandis que le décret n° 2008-146 modifie le siège et le ressort des
tribunaux de commerce.
Les motivations des recours déposés se fondent tout d'abord sur la violation du principe
d'égalité et d'aménagement des territoires, sur la rupture de l'égalité des
citoyens devant le service public de la justice et sur l'absence
d'études d'impact préalables de la part de la Chancellerie. Les élus
des petites villes s'inquiètent également du "coût de la réforme pour
les finances publiques" et sur le non-respect du principe de compensation des transferts de charges ou diminutions de recettes.
Martin Malvy (président de l'APVF) a également confirmé que plusieurs organisations syndicales (CFDT, CGT-Services Judiciaires, Syndicat de la
Magistrature, USAJ-UNSA) avaient formé une intersyndicale et rejoint les maires. Au total, on dénombre déjà plusieurs dizaines de villes (une trentaine aujourd'hui), dont Altkirch, dans le Haut-Rhin, représentée par son maire, Jean-Luc Reitzer, député UMP, qui s'était signalé en février par une violente altercation avec Rachida Dati à l'assemblée nationale. Il a été rejoint, à droite, par le député Jean-Pierre Door, maire de Montargis, Pierre Méhaignerie à Vitré et l'ancien ministra Pierre-André Périssol à Moulins.
Outre l'absence de concertation avec les acteurs de terrains, les élus locaux et les organisations syndicales dénoncent à la fois la suppression massive des juridictions au mépris de l'intérêt du
service public de la Justice, conduisant à des inégalités flagrantes
entre les territoires et entre les zones urbaines et les zones rurales et le coût de cette réforme sur les finances publiques (chiffré à un minimun d'un milliard d'euros), pourtant non financé, ou en tout cas non budgetisé.
Gérard Gouze, vice-président de l'APVF et maire de Marmande, dénonce, au nom des plus de 1.000 communes membres de l'organisation (et représentant environ 18 millions de personnes) "une véritable entreprise de déménagement du territoire visant les petites
villes", puisque "sur les 319 juridictions supprimées, 239 ont leur siège dans
une petite ville". L'association dénonce également la profonde "méconnaissance des
besoins en termes de justice de proximité et de qualité, ainsi que des
spécificités des situations locales".
Rappelons quand même que la réforme Sarkozy-Dati de la carte judiciaire avait provoqué le plus vaste mouvement de protestation jamais observé au sein de l'institution judiciaire, et sans doute de nombreuses défaites électorales...
17 avril 2008
OGM : Le Sénat neutralise l'amendement 252 et vote la loi sur les OGM, la gauche claque la porte
Il
était minuit quarante-cinq. Après moins de six heures de débat au
total, le projet de loi sur les Organismes génétiquement modifiés a été
adopté par le Sénat. Ou plutôt par les quelques sénateurs restant pour
assister à l'exécution publique, et sans réelle cérémonie, du "Grenelle
de l'Environnement".
La journée fut houleuse. Dans et hors de la "haute assemblée" d'ailleurs.
Moins
de deux heures auparavant, vers 23H10, les sénateurs et sénatrices de
gauche avaient décidé de claquer la porte lors de l'examen de l'article
premier après la confirmation, par le gouvernement et la commission des
affaires économiques, que tous les amendements déposés sur le texte
seraient rejetés.
"Une séance indigne de la démocratie",
s'est ému et indigné Gérard Le Cam, sénateur membre du groupe
Communiste, républicain et citoyen. Le groupe socialiste, par la voix
de Jean-Marc Pastor, dénonçant pour sa part la "mascarade" de ce "débat fantoche" , alors que Marie-Christine Blandin, au nom des sénateurs Verts pointait du doigt "un débat sous influence".
Quelques
minutes auparavant, le Sénat avait adopté le seul amendement à ce
texte, le numéro 12, destiné à neutraliser l'amendement adopté par
l'Assemblée nationale, dit "amendement Chassaigne" ou "amendement 252",
et à confirmer l'engagement de François Fillon auprès des lobbys
semenciers.
L'amendement
était présenté par le rapporteur du projet de loi devant le Sénat, Jean
Bizet, un sénateur représentant direct et violent des lobbys pro-OGM
(sans doute bien rémunéré en retour) qui restera célèbre pour avoir
prononcé, devant les caméras, cette phrase indigne sur son collègue UMP
(élu dans le même département), Jean-François Le Grand : "il a été exécuté à 2 heures 38 du matin… mais il bouge encore".
Ecœuré, le sénateur Le Grand, qui fut président du groupe de travail sur les OGM lors du Grenelle avait déjà jeté l'éponge, dans une lettre aux sénateurs du groupe UMP, s'estimant blessé par les attaques et menaces de ses collègue : "lorsque
la haine et la méchanceté s’associent ainsi, j'éprouve un sentiment de
mépris total à l'égard du ou des auteurs pour lesquels je ressens
encore, malgré tout, plus de pitié que de mépris", ajoutant sa "révolte" : "je
pensais que ces techniques de caricature et de désinformation
appartenaient à des temps révolus ou à des régimes politiques disparus".
Pour le sénateur gaulliste, "le
seul combat qui vaille est le combat pour l’homme et, dans cet esprit,
pour moi, c’est l’économie qui est au service de l’homme et non
l’inverse, d’où [son] regard extrêmement critique à l’égard du
libéralisme". Des valeurs incompatibles avec "un monde selon Monsanto".
Sa
collègue Fabienne Keller, UMP elle aussi, avait fait le déplacement
dans l'hémicycle, pour afficher son soutien à Nathalie
Kosciusko-Morizet et à "l'esprit du Grenelle". Mais elle aussi avoua son grand dépit : "je ne veux pas faire perdre leur temps à mes collègues, puisque je crois que j'ai compris la sentence [...] refuser une information transparente n'est pas acceptable".
Le
Sénat, largement ouvert aux représentants des lobbys, comme le montre
très bien le reportage de la chaîne Public Sénat intitulé "les dessous de la loi OGM", au centre d'affaires comme celle de l'UIMM,
n'est pas, ou plus une enceinte démocratique, et le débat sur les OGM
n'aura fait que confirmer le diagnostic posé par Lionel Jospin il y a
quelques années : c'est "une anomalie démocratique".
Ajoutons par ailleurs que les sénateurs Verts ont déposé immédiatement une proposition de résolution tendant "à la création d'une commission d'enquête sur l'influence exercée par les entreprises semencières sur les parlementaires français"...
16 avril 2008
Ordonnance de 1945 : entre droits de l'Homme et État pénal, Nicolas Sarkozy et ses amis ont choisi
"Démanteler l'État social pour renforcer l'État policier".
Tel semble être le crédo de la majorité actuelle, tant le "timing" est
parfait : démantèlement du droit du travail, de l'éducation nationale,
de la protection sociale et de l'assurance chômage et renforcement
incessant des normes pénales. Cela n'est pas du hasard, c'est
l'application du dogme de "l'État gendarme" contre celui de "l'État
providence".
Rachida Dati, ministre de la Justice, qui avait fait part, aux journalistes (pas à la représentation nationale), pour "en finir avec l'angélisme qui inspire trop souvent le discours dominant sur la délinquance des mineurs", de sa volonté que le
texte de l'ordonnance de 1945 sur la justice des mineurs soit "totalement remis à plat" a installé hier une Commission présidée par le professeur (et ancien vice-président) de la très, très, très droitière Université Jean Moulin André Varinard et composée de trente et un membres (dont rien de moins que 9 élus de la majorité) chargés d'élaborer cette
réforme, de "lui faire la peau", selon l'expression usitée par le Syndicat de la Magistrature.
Sur la forme,
tout d'abord. Ni les associations, ni les syndicats ne sont représentés
parmi les membres de cette commission. Cela montre les orientations que
l'on souhaite lui donner.
Qu'il
nous soit permis, également, de constater qu'encore une fois, Rachida
Dati, après avoir mis en place les odieuses peines de "rétention de
sûreté" perpétuelle pour les cas pathologiques et voulu faire "juger les fous" a fait son annonce, lundi, lors d'une visite d'une
"structure de soins pluridisciplinaires pour adolescents de 12 à 21 ans
en souffrance psychique",
la Maison des adolescents d'Avicenne, à Bobigny. Alors même que Marie
Rose Moro, professeur responsable de la structure, a dénoncé la
tentation de "condamner trop tôt les adolescents", alors qu' "à l'adolescence, tout est
encore possible, on peut transformer des parcours".
Ce
n'est pas un hasard, si, une fois de plus, la ministre mêle, en
conscience, santé mentale et délinquance, mais cette obsession devient
de plus en plus malsaine et risque de rapidement entrainer notre
société dans une dérive eugénique si l'on n'y prend pas garde. Est-il
sans cesse nécessaire de rechercher des explications médicales pour
trouver des solutions à la délinquance juvénile ?
Sur le fond, faisant fi des remarques du président du Tribunal des enfants de Bobigny, Jean-Pierre Rosenczveig, selon lequel "c'est une réforme à contre-temps, il n'y a pas d'urgence à réformer
l'ordonnance de 1945, où est l'aggravation? La délinquance juvénile est
en baisse depuis neuf mois",
la ministre Rachida Dati se lance à corps perdu dans la chasse aux
mineurs, comme d'autres membres de son gouvernement vont à la chasse
aux étrangers ou à la chasse aux chômeurs.
Mais
la Garde des Sceaux donne ainsi de la société française celle d'une
Nation qui perçoit ses propres enfants comme une "menace potentielle",
et qui sacrifie la démarche éducative, préventive et sociale au profit
d'un recours toujours accru à l’enfermement, revenant au passage plus
de soixante ans en arrière.
Un
enfant, ce n'est pas un adulte. Parmi les objectifs de la ministre,
figure celui d'ouvrir la possibilité d'une condamnation pénale aux
enfants de dix à treize ans, au motif que ce seuil "entretient chez les plus jeunes un sentiment d'impunité. Ce sentiment peut devenir un vrai facteur de délinquance".
Pour elle, l'emprisonnement, seul l'emprisonnement, peut être
réellement dissuasif. On connait le succès magnifique de cette
politique, on connait aussi le succès "foudroyant" des EPM
(établissements pénitentiaires pour mineurs), avec, par exemple, le suicide d'un jeune garçon de 16 ans à Meyzieux...
Un enfant est sous la responsabilité de ses parents, qui ont le devoir de l'élever et de l'éduquer, le devoir de le garder.
La société, la justice, les services éducatifs ont, quant à eux, pour
mission de préserver l'intérêt supérieur de l'enfant, en vérifiant les
conditions d'exercice de ces obligations. Pas en traitant les mineurs
en difficulté comme des criminels.
L'UNICEF, organe officiel de l'ONU a immédiatement réagi hier contre cette mise "de l'enfance en danger" par la France : "La
Convention internationale des droits de l’enfant demande qu’un âge de
responsabilité pénale soit fixé et le Comité des droits de l’enfant des
Nations unies insiste pour ne pas descendre au-dessous de 12 ans.
L’Unicef rappelle que la France a ratifié la Convention internationale
des droits de l’enfant et l’Unicef France reste vigilant sur sa bonne
application. D’autre part, les textes internationaux invitent à
privilégier les mesures éducatives plutôt que la répression, et ce
n’est pas l’inclinaison depuis ces dernières années en France avec le
renforcement des mesures privatives de liberté".
On ne saurait faire plus clair : entre les droits de l'Homme et l'État pénal, Nicolas Sarkozy et ses amis ont fait un choix.
14 avril 2008
Nicolas Sarkozy et ses amis entament la déconstruction de l'Etat et des acquis sociaux...
Durant les élections présidentielles et législatives, puis les municipales, la gauche l'a dit, et répété : avec la droite au pouvoir, c'était une lente descente aux enfers pour l'Etat-providence qui allait débuter, une lente déconstruction des acquis sociaux de notre pays qui allait immanquablement se mettre en place, telle un rouleau compresseur. Nicolas Sarkozy allait copier sur le modèle américain, puisqu'il est, selon l'expression d'Eric Besson, "un néoconservateur américain à passeport français".
Mais personne n'aurait pu imaginer que Nicolas Sarkozy et sa majorité iraient aussi loin dans la casse des acquis sociaux. Et jugez plutôt si le week-end a été faste, nous promettant un moi de mai... chaud :
Premier épisode, en fin de semaine dernière, monsieur Bussereau annonçait qu'il mettrait en oeuvre une des propositions de la RGPP (Révision générale des politiques publiques) consistant en la suppression des tarifs sociaux (carte famille nombreuse, abonnements étudiants, cartes vermeil, etc.) à la SNCF. Emoi, convocation en urgence des associations à l'Elysée, puis mini-recul : les tarifs sociaux seraient maintenus, mais avec obligation pour la SNCF de verser plus de dividendes à l'Etat, ce qui revient au même, in fine.
Deuxième épisode : ce dimanche, quelques jours après avoir annoncé une hausse du tarif des honoraires des médecins, Roselyne Bachelot-Narquin annonce, en direct, la fin du remboursement des soins d'optique et dentaires pour faire peser cette charge sur les mutuelles, ce qui signifie, en d'autres termes, une santé à plusieurs vitesses, et, partant, une privatisation de fait de la sécurité sociale.
Troisième épisode : le gouvernement, par la voix d'Eric Woerth et Xavier Bertrand annonce son nouveau plan de pénalisation et de stigmatisation des chômeurs, alors qu'il a "oublié" de consulter les partenaires sociaux, qui pourtant financent et gèrent l'Assedic sur celui-ci. Les chômeurs, une nouvelle fois, sont montrés du doigt : s'ils ne retrouvent pas de travail sous six mois, c'est de leur faute, c'est qu'ils se sont "installés durablement" dans le chômage. La solution ? Leur proposer des OVE (Offres prétendument valables d'emploi), loin de chez eux et payées 30% de moins que leur ancienne rémunération, sous peine de suspension ou de suppression de leurs droits.
Quatrième épisode : Vers la suppression du Revenu de Solidarité Active. Les services de Bercy et de Matignon avaient chiffré à 3 ou 4 milliards d'euros le coût du dispositif en année pleine. Martin Hirsch s'était vu, cette semaine, proposé un milliard, après avoir exprimé ses craintes sur une éventuelle suppression. Dimanche, le "Haut commissaire" Hirsch s'est vu proposé une "expérimentation" sur trois ans, avec un budget dérisoire de 700 à 800 millions d'euros, "pas assez" pour obtenir des résultats selon lui...
13 avril 2008
Les prix des céréales augmentent et affament les pays pauvres
"La facture des importations céréalières des pays les plus pauvres du monde devrait augmenter de 56% en 2007/2008 après une hausse significative de 37% en 2006/2007". C'est le constat alarmant dressé par l'Organisation mondiale pour l'alimentation et l'agriculture (FAO).
Et, bien entendu, ce sont les pays les moins responsables de ces déséquilibres mondiaux et bénéficiant du moins de marges de manoeuvre qui seront les plus lourdement impactés, puisque l'analyse des perspectives de récoltes et de la situation alimentaire de la FAO indique que "pour les pays à faible revenu et déficit alimentaire en Afrique, cette facture devrait augmenter de 74 %", une hausse "due à l'envolée des cours internationaux des céréales, des tarifs du fret et du prix du baril de pétrole".
L'exprlication est simple : "la flambée des prix des denrées alimentaires frappe plus durement les pauvres, car la part de l'alimentation dans leurs dépenses totales est beaucoup plus élevée que celle des populations aisées", a fait observer Henri Josserand du Système mondial d'information et d'alerte rapide de la FAO.
Et ces causes ne sont donc pas dues, contrairement aux arguments fallacieux propagés par les lobbyes de l'industrie agricole hyper-productiviste, à des circonstances naturelles, ou à l'opposition (de plus en plus grande partout dans le monde) aux manipulations génétiques des plantes, mais bel et bien à une économie de marché toute puissante et non-régulée, ou mal régulée.
Ce n'est d'ailleurs pas un hasard si ce sont les prix du riz et du maïs qui ont le plus augmenté selon la FAO, "suite à l'imposition
de nouvelles restrictions à l'exportation par les principaux pays
exportateurs". Fin mars, les prix du blé et du riz avaient doublé par
rapport à ceux observés un an plus tôt et les prix du maïs avaient
augmenté de plus d'un tiers. La pénurie a été organisée par les grands semanciers, pour faire augmenter les prix et ainsi gagner plus d'argent, y compris en détruisant des stocks pour cause de surproduction. Les rodomontades de personnalités telles que Michel Barnier, qui en appelle à "une initiative européenne pour la sécurité alimentaire" sont donc à la fois choquantes et indécentes.
Face à la flambée de l'IFPA (indice des prix des denrées alimentaires), l'action de la FAO, qui dispose cependant de moyens dérisoires, se concentre sur l'action locale des pays en développement, avec "une assistance technique et en matière de politique pour aider les agriculteurs vulnérables à accroître leur production".
Le 16 octobre dernier, Ban Ki-moon, Secrétaire Général de l'ONU avait déjà rappelé que "le droit à l'alimentation, inscrit
dans la Déclaration universelle des droits de l'homme, ne profite pas à
854 millions de personnes dans le monde, un chiffre en progression ces
dernières années".
Et avec la hausse des tarifs des céréales, ce sont les prix du pain, du lait, de
l'huile, du soja et d'autres produits de base qui se sont, selon les experts, littéralement "envolés" ces
derniers mois dans nombre de pays en développement.
Et des émeutes de la faim ont été signalées en Égypte, au Cameroun, en
Côte d'Ivoire, au Sénégal, au Burkina Faso, en Éthiopie, en Indonésie,
à Madagascar, aux Philippines et en Haïti. La faim est aujourd'hui un risque sérieux de conflits internationaux ou mondiaux.
Reste une interrogation : comment en est-on arrivés aussi vite à un tel point, alors même que la production céréalière
mondiale en 2008 devrait augmenter de 2,6 % pour atteindre le niveau record
de 2,12 milliards de tonnes ?
Très simple : en plus des aléas climatiques, les pays riches souhaitent mettre en place une filière industrielle de production massive de biocarburants dont l'éthanol, une méthode qualifiée par Jean Ziegler, rapporteur spécial sur le droit à l'alimentation de l'ONU, sans ambiguité aucune, de "crime contre l'humanité lorsque l'on convertit un sol productif pour l'alimentation en terre à produire du biocarburant"...
>> FAO : Perspectives de récoltes et situation alimentaire
>> A lire : La FAO tire la sonnette d’alarme face aux émeutes de la faim
12 avril 2008
SNCF-RFF : la Cour des Comptes met en cause une gestion catastrophique du gouvernement...
C'est un rapport qui tombe opportunément, en pleine polémique sur la volonté de suppression des "tarifs sociaux" de la SNCF par l'Etat, volonté suivie d'un retour en arrière. Et véritablement, à la lecture des accusations de la Cour des Comptes, l'on se dit que la carte "Familles nombreuses" est l'arbre qui cache la forêt.
La Cour des comptes va rendre public mercredi un rapport qui dresse de très sévères critiques sur la réforme du système
ferroviaire de 1997 et fustige le rôle de l'Etat, estimant notamment
que "cette réforme a favorisé le développement des lignes TGV au
détriment de l'entretien du réseau".
La loi du 13 février 1997, mise en place par le gouvernement Juppé, et plus précisément par sa secrétaire d'État aux transports, Anne-Marie Idrac, a divisé en deux les activités ferroviaires publiques, en créant une entité propriétaire des
voies ferrées, Réseau Ferré de France (RFF), distincte de la société
exploitante, la SNCF.
RFF doit assumer le financement
et l'entretien des voies sur près de 30.000 km de réseau. Les magistrats financiers pointent du doigt une réforme vieille de 11 ans, et pourtant "à ce jour inachevée", ainsi qu'une "stratégie incertaine".
Ainsi, selon un communiqué de la Cour des Comptes, "les investissements de la SNCF
et de RFF, généralement décidés par l'Etat, ont de facto donné priorité
au développement du réseau, notamment les lignes à grande vitesse [ndlr : très rentables, compte-tenu des tarifs pratiqués],
plutôt qu'à son renouvellement", au mépris de recommandations précédentes, inscrites dans un rapport publié en 2005 et qui avait
jugé "catastrophique" l'état du réseau classique, "au point que la SNCF
doit faire rouler ses trains au ralenti sur certaines portions", ce que
dénoncent régulièrement l'Association des Régions de France ainsi que les usagers de transports publics.
L'Etat, juge la Cour, "s'est avéré incapable d'assurer
pleinement son rôle d'arbitre et de régulateur [...] malgré des
conflits récurrents entre les deux opérateurs en particulier sur la
question des péages ferroviaires".
Selon la Cour, les pouvoirs publics ont même "pris des décisions
sur la base de compromis peu satisfaisants et sans fondement
économique", c'est à dire, clairement, pour satisfaire des demandes politiques.
Ainsi, Réseau Ferré de France n'a jamais "été doté des moyens d'exercer ses
missions: il emploie ainsi moins de 800 personnes alors que les
effectifs de la SNCF affectés à l'infrastructure sont d'environ 55.000
(sur un total de presque 170.000 agents en 2006)".
La situation qui résulte de ces non choix est la suivante : la loi a créé deux entités disctinctes, en espérant sans doute privatiser la SNCF, et dotant RFF de l'essentiel de la dette de la SNCF, forçant la nouvelle entité à supporter un endettement qui se monte à près de 28 milliards
d'euros, permettant de présenter un endettement de la SNCF à moins de 5 milliards, et surtout de publier un bénéfice d'un milliard d'euros, alors que RFF a
essuyé en 2006 une perte de 283,4 millions d'euros.
D'ailleurs, cette situation est durable, puisque la loi de 1997 n'a absolument pas accompagné ses choix de moyens adéquats. Du coup, "même si
c'est RFF qui est propriétaire des voies, il rémunère la SNCF pour
entretenir le réseau. En retour, cette dernière verse quasiment la même
somme à RFF en péages pour utiliser les voies, soit environ 2,75
milliards d'euros par an".
Ces critiques vont apporter de l'eau au moulin du président de
RFF, Hubert du Mesnil, qui s'estime «pas bien traité» par l'Etat et
demande régulièrement de nouveaux moyens de financer le réseau.
En réponse, le gouvernement et Nicolas Sarkozy se sont prononcés en faveur de la hausse des
péages ferroviaires en 2010, c'est à dire que l'État refuse d'apporter le moindre financement public pour réparer une situation quasi-totalement due à ses propres choix. Mais qui payera ? La SNCF a déjà prévenu : on ne pourra pas
augmenter "indéfiniment" les péages sans provoquer immédiatement de nouvelles suppressions de lignes, de gares, et surtout des augmentations massives du prix
du billet.
Contre Vichy, contre la vision sarkozyste de la France : Résistance !
Le titre se veut être éloquent : et s'il était temps de résister, de s'opposer, vraiment ? Combien de temps allons-nous accepter plus ou moins la situation comme si elle était issue d'une fatalité, triste et cruelle, certes, mais fatalité quand même ?
L'excellent Sébastien Fontenelle, le 6 avril dernier, se posait déjà la question : "jusqu'à quand ?", en pointant du doigt une situation inacceptable : "Police Partout, "Socialistes" Nulle Part"...
Tous les jours, l'implacable politique de chasse aux étrangers lancée par Nicolas Sarkozy, François Fillon, Brice Hortefeux et leurs semblables se poursuit, voire s'accélère, se propage, et nous, lassés, nous fermons les yeux, silencieusement révoltés, mais incapables de réagir. Certes, une prise de position individuelle a peu de poids face à la politique "industrielle" de la vichysation de la France et de sa politique.
Mais nous nous devons, à la mémoire des victimes des rafles, des victimes d'expulsions, de ne pas rester sans réagir. D'aucuns, à droite, hurleront en disant qu'en France, quand on est républicain, on applique la loi, et on dénonce consciencieusement son voisin, y compris anonymement, parce que c'est la loi, et qu'on n'a pas à réfléchir.
Mais est-ce vraiment la République qu'un régime dans lequel les citoyens ont peur de la police, si peur qu'ils en viennent à se jeter, qui sous des rames de métro, qui dans un canal, qui par la fenêtre, pour ne pas être réexpédiés vers des contrées inamicales comme de la marchandise ?
Mais est-ce vraiment la République qu'un régime qui bafoue les principes érigés par la République comme étant des normes fondamentales, au nom desquels l'égalité, la liberté et la fraternité ? A-t-on oublié les combats pour faire reconnaitre que "les Hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits" ?
La désobéissance est-elle vraiment du côté que l'on croit ? L'amour de notre pays est-il vraiment du côté de ceux qui trient entre les couleurs, demandent de faire preuve d'une prétendue utilité, qui ordonne de quitter le territoire à une veuve ou à une femme qui prétendrait divorcer ? Ou, l'amour de notre pays est-il, au contraire, du côté de ceux qui choisissent de tout quitter pour venir vivre ici, accepter de subir des contrôles au faciès, les humiliations quotidiennes, mais qui s'accrochent, parce qu'ils veulent vivre ici, aiment ce pays, ses valeurs ?
Aujourd'hui, il nous faut décider si nous comptons fermer les yeux encore longtemps, si nous comptons faire comme si cela n'existait pas ? Aujourd'hui, il nous faut accepter de résister, si cela est nécessaire, en refusant la délation, et en acceptant de prêter aide et assistance à ceux qui en ont besoin. Maintenant. Partout. Pour la République, pour la France.
>> Réseau Education Sans Frontières
>> Unis Contre une Imigration Jetable (UCIJ)
10 avril 2008
Nathalie Kosciusko-Morizet victime de fauchage volontaire ?
Nathalie Kosciusko-Morizet (NKM) secrétaire d'État à l'Écologie est, depuis mardi, au centre d'une polémique assez extraordinaire et animée, fait exceptionnel, au sein de sa propre "famille" politique.
Rappel des faits : dans la nuit du mercredi 2 au jeudi 3, l'Assemblée
nationale a adopté un amendement, le numéro 252 déposé par André Chassaigne, Jean-Pierre Brard et le groupe GDR de l'Assemblée nationale (prévoyant que la commercialisation et l’utilisation d'OGM ne peuvent se faire que "dans le respect des structures agricoles, des écosystèmes locaux et des filières de production et commerciales et en toute transparence"), malgré l'opposition de la FNSEA (qui a rédigé ou inspiré la quasi-totalité
des amendements de la droite), du groupe UMP et de la commission.
Mardi matin, lors de la réunion du groupe UMP, Jean-François Copé a violemment attaqué Nathalie Kosciusko-Morizet, avec le soutien actif de François Fillon, Jean-Louis Borloo,
Valérie Pécresse et Michel Barnier, s'autorisant même le luxe dire, lors d'une conférence de presse, tenue avec François Fillon, que la secrétaire générale adjointe de son parti est "la source du problème" au sujet de la loi sur les OGM.
Apprenant cela, et piquée au vif, la secrétaire d'État a répliqué avec une exceptionnelle franchise et beaucoup de colère dans un entretien accordé au journal "Le Monde" (cf. interview) contre "un concours de lâcheté et d'inélégance entre Jean-François Copé, qui essaie de détourner l'attention pour masquer ses propres difficultés au sein du groupe, et Jean-Louis Borloo, qui se contente d'assurer le minimum [...] Copé n'arrive pas à tenir le groupe. Quant à Jean-Louis [Borloo], j'attends avec impatience qu'il vienne exprimer la parole unique du gouvernement dans l'Hémicycle. Quand il veut, il vient".
Le président du groupe UMP avait déjà été rididiculisé publiquement par le député socialiste du Gers, Philippe Martin, qui a provoqué la colère de Jean-François Copé en révélant qu'il était "victime d’une contamination de [sa] messagerie Internet depuis deux jours". En effet, il explique : "me nommant Philippe Martin comme un collègue de la majorité, je suis victime d’une contamination de ma messagerie Internet depuis deux jours. Bien que j’appartienne au groupe socialiste, voici le type de messages que je reçois : « Le groupe UMP est en difficulté, car il n’y a pas assez de députés pour voter. Pourriez-vous vous rendre dans l’hémicycle dès que possible ? » Je demande que le groupe UMP respecte les distances de contamination à l’égard du groupe socialiste ! De même que je réclame un monde sans OGM, je veux pouvoir légiférer sans l’UMP !".
François Fillon, furieux, décida alors de "punir" sa ministre : interdite de toute apparition à l'Assemblée nationale mercredi, elle sera privée de voyage au Japon, et obligée de présenter ses "excuses publiques", ce qu'elle fit.
Cet épisode est révélateur des pratiques et de l'état d'esprit à l'œuvre au gouvernement. Il s'agit de bien plus que des petites tensions habituelles : rarement une remise en cause d'une ministre avait été autant médiatisée, et jamais un premier Ministre n'y avait pris part de la sorte. D'aucuns s'interrogent sur la fronde "filloniste" à l'encontre de celle qui vient d'être nommée, par Nicolas Sarkozy, contre l'avis de François Fillon, pour encadrer le parti majoritaire aux côtés de Xavier Bertrand.
>> Pour signer la pétition de soutien à "l'amendement 252"










