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On ne pouvait pas faire de pire casting... Le ministère de la Santé vient d'annoncer la nomination, à la tête de EPSMM (Etablissement public de santé mentale de la Marne), de monsieur Xavier Dousseau. Le nom ne vous dit sans doute pas grand chose. Mais cet homme est loin d'être inconnu, tant pour ses collègues que pour la justice.

Xavier Dousseau est en effet un intégriste catholique, fanatique de la cause anti-IVG. A tel point qu'en 1995, il n'avais pas hésité, alors qu'il était directeur adjoint de l'hôpital de Valenciennes, à faire pénétrer un commando de "fous de dieux", et à s'enchainer, dans une salle d'intervention du pavillon IVG de son établissement, privant ainsi les patientes des soins dont elles devaient bénéficier.

Arrêté, l'activiste anti-IVG déclarait assumer : "il a choisi de franchir la barrière de la légalité pour rejoindre la justice, car il pense que la loi Veil est contraire à la justice" plaidait son avocat. Cet acte avait créé une grande émotion, et le tribunal correctionnel avait été jusqu'à le condamner à une peine d'emprisonnement ferme. Peine réformée en appel, en 18 mois d'emprisonnement avec sursis, pour avoir "jeté le discrédit sur le service public hospitalier", selon les magistrats.

La réintégration, dans un établissement de santé mentale, de ce militant de la droite dure est un mauvais signe, une agression politique même, quand, dans le même temps, l'Etat menace, au travers de la loi HPST par exemple, un grand nombre de centres d'IVG.

Immédiatement, Marie-Georges Buffet interpellait Roselyne Bachelot : "considère t-elle que ces actions ne sont pas graves ? Est-ce un signe pour justifier les actions contre l’avortement ? Jusqu’où ce gouvernement est-il prêt à aller dans l’absence d’éthique et la régression idéologique ?"

Pour Eric Loiselet, tête de liste dans la Marne, d'Europe Ecologie Champagne-Ardenne, il y a de quoi s'inquiéter : "alors que l'on assiste à la multiplication des fermetures des centres d'IVG en France, Mme Bachelot envoie un message négatif aux femmes à travers cette nomination. Il faut sans attendre clarifier les choses, afin qu'aucune femme, en Champagne-Ardenne, ne se sente menacée dans ses droits les plus élémentaires, dans sa liberté de disposer de son corps".

Petit à petit, la remise en cause du droit à l'avortement est de plus en plus visible. Jusqu'où iront les intégristes, les fous de dieu, dès lors qu'ils se savent soutenus par le ministère de la Santé ?