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08 septembre 2009

Carbone : le temps de la responsabilité et de la solidarité

En plein débat sur la Contribution Climat Energie, vous trouverez ci-dessous une très intéressante tribune publiée par Médiapart, et co-signée par Sandrine Bélier, Yannick Jadot, ainsi que par Noël Mamère, Yves Cochet et François de Rugy et le pôle écologique du PS.

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http://www.mediapart.fr/club/edition/article/080909/carbone-le-temps-de-la-responsabilite-et-de-la-solidarite

Pour quinze députés, Verts et membres du pôle écologique du PS, et députés européens Europe Ecologie, signataires de ce texte, la voie est étroite entre «la démagogie anti-fiscale» et «les aménagements et les renoncements» qui vident la contribution climat énergie de son sens.   


Pour Jean Monnet, « nous n'avons le choix qu'entre les changements que nous aurons su vouloir et accomplir et ceux qui nous seront imposés ». La prise de conscience de ce que représente le défi climatique pour l'avenir de nos sociétés et des efforts qu'il faudra accomplir pour le relever progresse. L'idée que l'inaction finira par coûter plus cher économiquement et socialement que l'action fait son chemin. Mais, dès lors qu'il s'agit d'envisager concrètement une mesure mettant à contribution chacun d'entre nous, les résistances et les oppositions se dressent. C'est compréhensible de la part de nos concitoyens tant que le travail d'explication n'a pas eu lieu. Mais ça l'est beaucoup moins de la part de dirigeants politiques qui prétendent conduire notre destinée collective. Les belles proclamations sur la nécessité de prendre en compte l'urgence écologique s'évanouissent devant la démagogie et l'électoralisme.


L'irruption du débat sur la contribution climat énergie en cette rentrée politique en est l'illustration. Nul n'ignore que le feu couvait sous la cendre, au PS, mais aussi, bien sûr, à l'UMP. De retour de vacances, les députés de la majorité ont commencé à exprimer leur opposition au projet de taxe carbone, même largement édulcoré, que porte encore le gouvernement.


Si l'on ajoute à cela l'opposition frontale des extrêmes, à droite comme à gauche, les conditions sont réunies pour que la classe politique choisisse de remettre au placard l'une des principales propositions du Pacte écologique de Nicolas Hulot, une proposition fédérant toutes les associations environnementales.

Au-delà de la question du prix de la tonne de carbone, et de celle, cruciale, des modalités de redistribution, de quoi s'agit-il ? Rien de moins que de choisir d'avancer vers la transformation écologique de notre économie et de notre société.

Il y a vingt ans déjà, à  la veille du premier sommet de la terre à Rio, un premier projet de taxe carbone, d'envergure européenne, a échoué, victime des égoïsmes nationaux. Aujourd'hui, c'est la démagogie anti-fiscale qui risque de disqualifier, et pour longtemps, la possibilité de construire un consensus national autour de ce qui peut constituer une avancée majeure dans la voie de la responsabilité collective.

 Si rien n'est fait pour limiter, maintenant, la dépendance de notre société et de notre économie à l'égard du carbone, alors, soyons en certains, comme Cécile Duflot le déclarait à La Rochelle, «demain, ce seront les prolos qui paieront la facture la plus lourde». Nos sociétés n'ont plus le choix; soit elles prennent dès maintenant des mesures, certes contraignantes, mais solidaires pour faire face aux chocs climatique et énergétique soit elles les subiront demain dans l'improvisation et l'injustice.

Certains croient peut-être que l'on pourrait s'en remettre au marché : sans la moindre anticipation, le choc des prix de l'énergie sera brutal. Les conséquences sociales seront dramatiques.


Tel est l'enjeu de la création de la contribution climat énergie : permettre à chacun d'adapter son comportement et ses modes de consommation progressivement.


Pour être réellement efficace, socialement et environnementalement, la contribution climat-énergie doit remplir trois conditions, que le gouvernement ne semble malheureusement pas disposé à mettre en œuvre.


Le périmètre de cette contribution doit inclure impérativement le secteur de l'électricité et pas seulement celui des énergies fossiles. Pour deux raisons : une partie de notre électricité est produite par des centrales thermiques, de plus il n'est pas souhaitable d'encourager le chauffage électrique, coûteux en particulier pour les ménages modestes. L'objectif de la contribution Climat Energie ne peut se réduire à une taxe carbone qui privilégie une énergie par rapport aux autres mais doit favoriser les économies d'énergie.


Le « signal prix » doit être suffisamment clair pour modifier les comportements. Cela signifie qu'à moins de 32 euros la tonne de carbone, niveau proposé par la commission Rocard, il est peu vraisemblable que cette contribution ait un impact significatif, la hausse du prix de l'énergie n'étant pas suffisamment sensible, ni suffisamment certaine, pour que les utilisateurs modifient leur consommation.  L'Allemagne a instauré une taxe carbone sous-évaluée qui n'ayant pas produit d'effets sensibles sur la consommation est contestée. A contrario, la Suède en a instauré une dès les années 1990 et a obtenu les meilleurs résultats d'Europe en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre. C'est par ailleurs la social-démocratie la plus souvent citée comme modèle en Europe...


Il faut fixer un prix adapté dès la création de la contribution, avec un prix qui augmente progressivement avec les années comme le prévoit le rapport Rocard.


Enfin, il faut que la contribution climat énergie ne pénalise pas les ménages les plus modestes ou les plus contraints (habitants des zones rurales) ou les artisans et les TPE/PME qui n'ont pas le choix, pour le moment, de leurs modes de transport ou de chauffage.


Il est clair que la condition de l'acceptabilité  de la contribution climat énergie est qu'elle ne contribue pas à  creuser les inégalités. Au contraire, elle doit être un premier pas sur la voie de la solidarité à construire face à l'injustice climatique.


Cela signifie que l'intégralité  du produit de cette contribution devra être reversée aux ménages et aux entreprises qui la payeront. La contribution Climat Energie n'est pas un impôt supplémentaire destiné à dégager des ressources nouvelles pour combler partiellement un déficit ou remplacer un impôt supprimé. Elle est une incitation à changer de comportements. Plusieurs mécanismes redistributifs ont été évoqués. Le plus simple et le plus lisible consiste à reverser aux ménages et aux entreprises de la manière la plus égalitaire possible le produit de cette taxe sous la forme d'un chèque vert. C'est précisément ce qui permet à chacun d'accompagner financièrement les changements de comportement et de récompenser ceux qui font le plus d'efforts en la matière. D'autres mesures plus ciblées sont envisageables, notamment pour les zones les moins bien desservies par les transports en commun.


Au-delà de ces mesures, cette contribution doit être incluse dans un «paquet énergie/climat» d'ensemble, prévoyant notamment une contribution supplémentaire des grandes entreprises, des compagnies pétrolières et des grands groupes énergétiques qui font des bénéfices.


La contribution climat énergie prend tout son sens dans le cadre d'un plan d'action en faveur des transports en commun ou du covoiturage d'une part et de mesures pour l'isolation des logements pour les économies de chauffage d‘autre part.


En effet, il importe que notre pays s'engage vers la sortie du pétrole et invente les dispositifs d'accompagnement de tous dans la transition énergétique et écologique. Sans cette perspective, la contribution climat énergie risque, faute d'un sens commun et d'une portée collective, de n'être qu'un coup d'épée dans l'eau.


Telles sont les conditions qui nous paraissent devoir être remplies pour assurer le succès de la contribution énergie climat. Face à la responsabilité qui est la notre vis-à-vis des générations futures nous n'avons pas le droit de rater sa création. C'est pourquoi nous appelons à suivre le chemin difficile refusant d'un côté les renoncements et les aménagements qui tentent le gouvernement et récusant de l'autre les facilités de la démagogie anti-fiscale qui tente certains de ses opposants. 


Les députés Verts : Yves Cochet, François de Rugy et Noël Mamère


Les députés européens d'Europe Ecologie : Sandrine Bélier, Yannick Jadot


Les députés et animateurs du Pôle écologique du Parti socialiste : Christophe Caresche, Pascal Deguilhem, Jean Launay, Geneviève Perrin-Gaillard, Philippe Plisson, Philippe Tourtelier, Géraud Guibert, Eric Loiselet.



29 juillet 2009

La Contribution Climat Energie, étape obligatoire vers l'éco-citoyenneté


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C'est hier que Michel Rocard, président de la conférence d'experts sur Contribution Climat Energie (CCE), a officiellement remis ses recommandations à Jean-Louis Borloo et à Christine Lagarde.

Le principe de la "taxe carbone" était en effet, l'on s'en souvient, l'une des propositions phares du pacte écologique de Nicolas Hulot, et résulte des travaux du Grenelle de l'environnement.

En juin, Nicolas Sarkozy avait officiellement affirmé qu'il souhaitait aller "le plus loin possible", alors que, en privé, il considérait que cette taxe était trop élevé, et qu'il semble acquis que l'option choisie se situe dans la fourchette la plus basse des préconisations des experts.

La principe de la CCE est de renchérir la consommation d'énergies polluantes afin d'inciter le report modal des entreprises et des ménages au profit de filières plus respectueuses de l'environnement. La CCE consisterait donc en une contribution de 32 euros par tonne de CO2 émise selon les recommandations, et ce dès janvier 2010. Ce montant serait majoré d'un taux de 5% annuel, qui amènerait la CCE à un niveau de 100 euros en 2030.

"Nous devons nous approprier au plus vite les travaux de cette conférence si nous voulons disposer dès l'an prochain d'une fiscalité verte" a dit hier le Premier Ministre François Fillon lundi à Leuglay (Côte-d'Or). Quant à "savoir quelles sont les modalités d'application de cette contribution énergie-climat, quel doit être son calendrier de mise en œuvre", la priorité du gouvernement est de temporiser, et de minimiser les conclusions rendues par la conférence des experts, parce que Nicolas Sarkozy et François Fillon craignent le vote sanction aux régionales de 2010.

Pourtant, la CCE est un mécanisme excellent, de justice sociale, qui permet d’anticiper la hausse naturelle des prix de l’énergie qui est une tendance inéluctable, au-delà des aléas de la conjoncture, puisque les matières premières diminuent. Le pire serait de ne rien faire. En témoigne le "rattrapage" que veut opérer EDF, avec une hausse de 20% de son tarif de référence.

La CCE est une mesure de bon sens servant à inciter à la diminution des conduites dommageables pour l'environnement au profit de méthodes "douces" (en matière de transports, report modal entre la voiture et le tram-train par exemple, ou entre l'avion et le train...).

La taxe carbone peut être un facteur de progrès social et environnemental, et c'est pourquoi les associations telles FNE, et les mouvements politiques tels Europe Ecologie et Les Verts appellent le gouvernement à discuter avec les partenaires sociaux et environnementaux à définir des mesures d'aide aux ménages les plus pauvres, qu sont souvent captifs de leur voiture ou de leur système énergétique, via, pourquoi pas, des chèques verts pour contribuer au report modal.

Il faut, bien entendu, que la CCE soit, et c'est son but premier, un instrument de redistribution (c'est à dire non inflationniste) : d'après les calculs, le montant estimatif de la collecte serait, au départ, de 8 Mds d'Euros (amené à baisser au fil du temps, grâce à l'effet "désincitatif"). Qu'en faire ? Mener une politique audacieuse en matière d'équipements publics et d'éco-citoyenneté, telles les aides à l'amélioration de l'habitat, à l'isolation, le développement des transports en commun, le développement de la biomasse, etc.

Ces solutions ont l'immense avantage de réduire l'empreinte énergétique, et de réduire durablement la consommation énergétique des ménages, ce qui revient à faire diminuer la facture pour les ménages.

Enfin, la taxe carbone doit être coordonnée au niveau européen, et c'est la volonté de la présidence suédoise de l'UE, pour compléter le système des quotas d’émissions négociables mis en place à l’échelle européenne.

Il faudra aussi que la réflexion dépasse le simple tropisme du "carbone", c'est à dire du CO² émis directement, et s'interroge à la fois sur les filières de production (la production d'uranium qui est dédiée à l'industrie nucléaire produit énormément de CO²) et sur les autres émissions de facteurs de réchauffement climatique, comme les particules fines, ou le méthane.

N'hésitons pas, et disons oui à la CCE, clairement oui, parce que demain commence aujourd'hui, mais à condition de ne pas en faire n'importe quoi, d'en faire un acte positif, et de faire oeuvre de pédagogie...

14 mai 2008

Pour faire plaisir à Leclerc, L'UMP n'hésite pas à supprimer les autorisations d'implantation de grandes surfaces

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Décidemment, les députés UMPistes aiment céder aux syrènes, qui visiblement savent se montrer très attrayantes, des lobbys de tout poil. Après les OGM, la grande distribution.

Hier, Nicolas Sarkozy faisait, lors de son discours de Vienne, dans l'Isère, la promesse de lendemains qui chanteraient, devant une assistance pour le moins peu convaincue. Son arme fatale ? La loi sur la modernisation de l'économie (LME), qui va être discutée devant le parlement dans les prochains jours.

Cette loi comporte, comme JurisConsult le signalait dès le 26 février, une mesure phare : la réforme du droit de l'urbanisme commercial. En effet, l'article 27 du projet de loi "miracle" prévoit un relèvement de 300 m2 à 1.000 m2 du seuil de déclenchement de la procédure d'autorisation d'implantation de nouvelles grandes surfaces devant la CDEC (Commission départementale d'équipement commercial).

Toujours la croyance en l'adage : "multipliez les supermarchés, vous ferez baisser les prix". Bien entendu, celui-ci ne s'est jamais vérifié, bien au contraire, et malgré l'invasion des grandes surfaces durant ces dernières années, c'est chez ces dernières que se constatent les hausses de prix les plus impressionnantes. Ainsi, l'inflation des prix sur douze mois en France est de 3%, alors qu'elle est de 5,3% dans les grandes surfaces sur cette même période !

Mais Michel-Edouard Leclerc n'était pas content : de quoi se mêlent les élus locaux ? Pourquoi devraient-ils donner leur avis sur la présence des hypers et supermarchés ? Et pourquoi fixer un seuil de 1.000 m2 ? Pourquoi ne pas laisser le champ entièrement libre à nos amis de la grande distribution ? Ainsi, il avait affirmé le 11 mai que le projet de loi de modernisation de l'économie n'était pas assez "radical" pour pouvoir faire baisser les prix, réclamant une plus grande "liberté" dans la "concurrence", dénonçant toute idée de seuil, qui plongerait la France "dans un secteur administré avec un pouvoir accru des élus", des élus dont il ne comprenait pas "ce qu'ils viennent faire là-dedans en terme de concurrence, ce ne sont pas les mieux placés pour choisir quelles sont les enseignes les plus favorables aux consommateurs".

Qu'à cela ne tienne, aussitôt dit, aussitôt fait :  le rapporteur du texte, le député UMP Jean-Paul Charié annoncé pour 2009 la suppression totale et sans condition des procédures d'autorisation préalables à l'installation des grandes surfaces : "fin juin 2009, plus d'autorisation préalable, seulement les schémas communaux et intercommunaux d'urbanisme commercial", ajoutant que "depuis 1973, on a fait des lois opposant grandes surfaces et petits commerces. Or il faut opposer pratiques loyales et déloyales". Le message est clair, net et précis : on n'hésitera pas à sacrifier les petits commerces et les enseignes de proximité aux désidératas des grandes surfaces, peu importe le coût humain, social et financier.

Certes, le rapporteur oublie quelque peu de préciser que tant que les françaises et les français, pardon, les consommateurs, n'auront pas plus d'argent (c'est à dire que les fruits de la croissance seront équitablement répartis), construire plus d'hypermarchés n'aidera pas énormément, mais si l'on peu satisfaire un lobby de temps en temps, il ne faut surtout pas s'en priver.

Les promesses du président Sarkozy sur le pouvoir d'achat n'avaient même pas tenu deux heures...

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08 mai 2008

Nicolas Sarkozy est-il digne de la fonction de président de la République ?

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François Hollande a estimé, hier, que Nicolas Sarkozy n'est "pas digne de la fonction qu'il occupe". Et il est vrai que l'actualité récente nous force à nous interroger. Et de constater que même sous la présidence de Jacques Chirac, si l'opposition a quelquefois demandé sa démission (essentiellement pour cause de problèmes avec la justice), elle n'a jamais considéré qu'il manquait de dignité dans l'exercice de ses fonctions.

Mais avec Nicolas Sarkozy, certains ont quelque peu l'impression d'avoir "changé de dimension". On se souvient de la manière dont Nicolas Sarkozy, durant la campagne et depuis son élection a cherché, de manière absolument outrancière, en même temps, à se servir de ses épouses à des fins de communication et à contrôler ce qu'en disait la presse, faisant renvoyer le directeur d'un hebdomadaire (Paris Match pour ne pas le citer) qui avait l'heur de ne lui point plaire.

L'on se souviendra (et la presse à sensation le fera avec plaisir) de ses vacances à Malte, de ses diners au Fouquet's, de son séjour à Wolfeboro (pendant que Angela Merkel faisait tranquillement ses courses au supermarché de son quartier). L'on se souviendra également de son empressement à faire augmenter son traitement de 146% (soit 11500 euros).

Hier, le président Sarkozy s'est permis, devant les 262 députés UMP convoqués à l'Elysée, de critiquer ses prédécesseurs à droite, Jacques Chirac et le général de Gaulle, qui auraient été incapables de se faire élire avec autant de brio que lui. Catherine Vautrin a jugé ses propos "agressifs", tandis qu'Hervé Mariton s'indignait "il n'est pas obligé de dire du mal des autres".

Mais, plus grave, Nicolas Sarkozy s'en est pris, avec une violence inouie, selon les participants, à la presse, l'accusant de ne pas assez relayer ses messages, et ceux de ses porte-parole. Ainsi, le président de la République a annoncé qu'il avait tout tenté pour sur-médiatiser "la condamnation de Ségolène Royal dans l'affaire de ses ex-collaboratrices", désignant tout d'abord l'AFP, coupable de n'avoir pas fait passer un communiqué de presse de Frédéric Lefèbvre très proche du cercle sarkozyste. L'AFP a réagi contre cette volonté présidentielle de faire écrire par ses amis les dépêches de l'agence, et protestant contre "les pressions exercées".

Enfin, la journée d'hier s'est terminée sur l'annonce par la presse de la nomination, au tour extérieur et par décret de Nicolas Sarkozy, d'Arnaud Teullé (qui avait été conseiller de l'Elysée en charge de la gestion politique des Hauts-de-Seine, et qui s'était illustré lors des municipales à Neuilly par le lâchage de David Martinon, et son entrée en dissidence) à la fonction d'Inspecteur de l'Académie de Paris. Il sera accompagné par son ami David Teillet, ancien délégué général de l'UNI (sorte de pseudo-syndicat étudiant satellite du la droite et de l'extrême-droite), et par ailleurs chef du cabinet de  Xavier Darcos à qui il doit l'ensemble de sa (jeune) carrière, ainsi qu'à Philippe de Villiers, dont il a été le collaborateur. Ces deux produits de l'UMP ont pour principale originalité de ne correspondre en rien à la fonction d'Inspecteur d'Académie. Mais ils bénéficieront d'un traitement coquet, d'un logement de fonction, ainsi que d'une belle voiture avec chauffeur.

Alors, oui, posons-nous la question : Nicolas Sarkozy est-il digne de la fonction qu'il occupe ?

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06 mai 2008

Noël Mamère : "Faut-il fêter Mai 68 ?"

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Par Noël Mamère

(Les Verts)

   

Depuis des semaines, « ils » nous gavent. Comme des oies qui auraient besoin d’être survitaminées avec une hormone appelée Mai 68. Mai 68 devient une série de clichés mondains : Des jeunes filles en mini -jupes et des garçons en jeans écoutent les Beatles et les Rolling Stones, ils se révoltent contre leurs parents et maîtres, en criant CRS SS. Ce réductionnisme transforme mai 68 en un gentil monôme, apparenté à la seule libération des mœurs et de la culture occulte l’histoire, au profit du narcissisme dfun milieu parisianiste qui a mal vieilli. Comme toujours, Nicolas Sarkozy a pris la tête du mouvement.

Rappelez vous, c’était il y a un an, presque un siècle, à la fin de sa campagne, il avait promis de « liquider Mai 68 ». Cela ne voulait strictement rien dire, bien entendu. Il faisait un cadeau à son électorat d’extrême- droite ou de la droite rancie. Alors pourquoi s’en priver ? Les quelques phrases assassines de ce discours lancèrent en quelque sorte les commémorations officielles du quarantième anniversaire des dits « évènements ». Des livres par dizaines sont publiés. On enregistre des centaines d’heures de radio et de télévision où lfon voit toujours les mêmes personnages raconter « leur » mai 68, comme les derniers poilus de 14-18. Les mêmes « experts », sociologues ou philosophes, interviennent en contrepoint pour mettre en perspective le joli mois de Mai. Pour ceux qui, comme moi, nfont pas été à l’époque sur l’avant - scène, cela paraît totalement surréaliste. Mais pour mon fils, cette incongruité le renvoie à une préhistoire où tout serait d’insouciance, où on se révolterait parce que lfon s’ennuie des avantages acquis.

Une sorte de paradis perdu d’où lfon sort en allant s’éclater à Woodstock. Rien n’est plus faux, évidemment. Une génération venait de connaître 8 ans de guerre d’Algérie. Des dizaines de milliers de personnes vivaient dans les bidonvilles. Des centaines de milliers résidaient dans les « grands ensembles », produisant déjà les pathologies urbaines qui vont s’amplifier jusqufaux émeutes de novembre 2005. Dans les entreprises, les ouvriers contestaient les « cadences infernales » et les " petits chefs " faisaient régner l’ordre dans un univers où la section syndicale n’était pas autorisée. Les femmes n’avaient pas le droit d’avorter, pas plus qufelles n’avaient droit à la parole. A l’extérieur de la France, c’était déjà la Françafrique de Foccart qui organisait le néocolonialisme. Le peuple palestinien demandait le droit à un Etat tandis que le Vietnam résistait à l’impérialisme américain. A l’est de l’Europe, des millions d’hommes et de femmes subissaient la loi du « socialisme réel ».

  Mais de quoi parle - t-on aujourd’hui dans les médias ? : d’une guerre qui aurait fait des millions ou même des centaines de morts ? Dfun coup d’état qui aurait substitué un pouvoir à un autre, en le maquillant sous la forme d’une révolution ? Même pas. On pourrait se souvenir que Mai 68 fut la plus grande grève générale, spontanément organisée en France et même en Europe au XX ème siècle. Mais, sur les plateaux, de quoi cause - t- on ? : Des ébats de la Sorbonne, de Nanterre, de l’Odéon, de Dany, de Geismar et de quelques autres. Autant dire de l’écume des choses. Cette manière de traiter l’histoire est celle des médias, pas celle des historiens, ni celle des acteurs réels de l’époque, les ouvriers, les paysans, les étudiants. Si Mai 68 fait sens ce n’est pas à cause des « pro -chinois » qui ont retourné leur veste , des trotskistes qufon retrouve à la télévision, au parti socialiste ou dans quelques grandes entreprises, (même si certains comme Alain Krivine nfont rien perdu de la verve de leur prime jeunesse).

Il y eut, c’est vrai , un phénomène générationnel sur toute la planète. Les « baby boomers » n’avaient plus envie d’être élevés comme des veaux de la croissance des « trente glorieuses », mais de s’émanciper de structures conçues par leurs grands parents et leurs parents pour les protéger de la guerre et des souffrances. Ils avaient observé la fin de la décolonisation et ils ne comprenaient pas qu’après la guerre du Vietnam à la française, les Etats Unis s’acharnaient contre un petit peuple en le bombardant au napalm. Mais ils étaient une minorité. Il y avait très peu d’étudiants dans la société française de 68. Les 80 % d’une classe d’âge au bac n’étaient pas encore au programme des socialistes. Les lycéens ne venaient pratiquement pas des banlieues mais des quartiers bourgeois de Paris et des grandes métropoles. Pour les autres, c’était déjà l’usine. C’était un autre temps, dominé par la guerre froide où, entre les gaullistes et les communistes, il n’y avait rien comme on le vit à l’élection présidentielle de 1969, quand le ticket Mendes France /Deferre fit à peine 5 % .

Mai 68, c’est vrai, a permis de faire éclore le féminisme, l’écologie, le libre choix de l’orientation sexuelle, d’autres rapports d’autorité entre les salariés, entre les générations et les sexes. Mais il aura fallu que des milliers de militants continuent sur cette lancée, en refusant l’enterrement de leurs espérances des juin 68. Et ce fût vrai, parce que le souffle de Mai avait balayé les usines, les bureaux et les champs. Le quartier Latin que lfon célèbre aujourd’hui, avait été déserté. Les seuls morts de mai 68 le furent en juin. Gilles Tautin , lycéen parisien mourrait noyé près de l’usine de Renault de Flins ; deux ouvriers de Peugeot-Sochaux, pourchassés par la police, tombèrent en juin... C’est en juin qufil faudrait célébrer l’anniversaire de Mai 68 ! Car c’est dans les périodes de reflux que se construisent les destins d’une société. C’est dans la défaite de juin 40 que le Général De Gaulle trouva les clefs du redressement national.

Comparaison n’est pas raison. Mais pourquoi parler de Mai sans parler de Juin ? Ceux qui refusèrent les accords de Grenelle mirent en pièce l’autorité de la CGT dans les entreprises. Ils annonçaient déjà LIP et ses ouvriers autogestionnaires qui créèrent une coopérative de lutte, inventèrent des formes nouvelles d’organisation. C’est en août 68 que le peuple tchèque résista par la non violence aux chars russes qui enterraient l’illusion d’un communisme à visage humain. C’est en octobre 68 que les noirs américains, Tommy Smith et John Carlos, portèrent au plus haut le combat pour les droits civiques, en levant le point à Mexico, après que plusieurs centaines de jeunes aient été assassinés sur la Place des 3 cultures. On était loin des charmes de la marijuana et de la révolution sexuelle, loin de San Francisco et de la culture underground, loin des images d’Epinal de Paris et de ses pavés dont on nous annonce aujourd’hui qufon pourra les trouver sous forme de chocolat dans une pâtisserie branchée L’histoire est devenue une marchandise, Mai 68 une marque de fabrique pour quelques papys qui racontent interminablement le théâtre de leur jeunesse, imposant le silence aux millions de ceux qui occupèrent leurs entreprises, leurs facs et leurs lycées. Mais l’esprit de Mai, lui, nfa rien à voir avec ce spectacle pour bobos fatigués.

Il vit à travers les ouvriers sans papiers en grève dans leurs entreprises, dans la révolte des lycéens contre la suppression de postes, dans les banlieues en révolte ; Il vit dans les émeutes de la faim contre les spéculateurs et les institutions financières ; Il vit dans le combat des peuples tibétains, birmans, palestiniens, tchetchènes ; Il vit en Amérique Latine où , quarante ans après lfassassinat de Che Guevara, de la Bolivie au Paraguay, du Vénézuéla au Chiapas, les peuples prennent en main leur destin ; Il vit dans les combats des paysans de Via Campesina contre les OGM et pour la souveraineté alimentaire, dans l’écologie des pauvres des Sans terre, du Brésil à l’Inde, dans les luttes pour le droit à l’eau... Partout où l’injustice règne, Mai 68 se traduit par le droit à la révolte, à la résistance, à la désobéissance. Quand c’est insupportable, on ne supporte plus. On a toujours raison de se révolter, comme en Mai 68.


 

Blog de Noël Mamère

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01 mai 2008

1er mai 1993 - 1er mai 2008 : Hommage à Pierre Bérégovoy, victime de la calomnie et de la haine

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Il y a quinze années, jour pour jour, dans la soirée du samedi 1er mai 1993 disparaissait Pierre Bérégovoy, victime de la haine et de la calomnie.

La cérémonie, à laquelle j'ai eu l'honneur d'assister, ce matin au Cimetière Jean Gautherin a été marquée par l'absence criante de membres du gouvernement, et par l'ignominie de la rumeur, propagée par des charognards, au rang desquels des chaines de télévisions, des "biographes" autoproclamés et des élus de la République, dont l'honnêteté n'a jamais été la caractéristique principale (bonjour, Bernard Debré).

Le drame de la mort de Pierre Bérégovoy a profondément touché l'immense majorité des françaises et des français qui se sont joint en pensées au deuil de la famille de l'ancien premier ministre. Cette émotion est toujours aussi vive chez nombre d'entre nous alors que nous célébrons le quinzième anniversaire de sa disparition. Il y a, chez les nivernais que j'ai eu l'immense chance d'accompagner ce matin au Ci reconnaissance de sa valeur qui s'est imposée trop tardivement, mêlée à un attachement profond dont a témoigné et témoigne encore l'émotion sincère qui n'a pas quitté les cœurs depuis deux ans.

Pierre Bérégovoy était un homme simple, un homme bon, rarement en colère : c'était "quelqu'un de bien".

Dans la gorge et sous la plume de François Mitterrand, le 4 mai 1993, il y avait de la tristesse, de la colère, et des mots qui rendent hommage tout en faisant réfléchir : "l'émotion, la tristesse, la douleur qui vont loin dans la conscience populaire depuis l'annonce de ce qui s'est passé samedi, en fin de journée, près de Nevers, sa ville, notre ville, au bord d'un canal où il était souvent venu goûter la paix et la beauté des choses, lanceront-elles le signal à partir duquel de nouvelles façons de s’affronter tout en se respectant donneront un autre sens à la vie politique ? Je le souhaite, je le demande et je rends juges les Français du grave avertissement que porte en elle la mort voulue de Pierre Bérégovoy".

Ce mots sont toujours d'actualité, ce cri, cet avertissement, encore du moment. Les chiens de 1993 sont toujours là, jusqu'aux plus hautes fonctions de l'État. Mais ce n'est pas (encore) l'heure de régler des comptes... "De mortuis nihil nisi bonum" (des morts, il ne faut parler qu'en bien), disait l'adage latin. Concernant Pierre Bérégovoy, nous n'avons pas à nous forcer.

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30 avril 2008

Prix des céréales et droit à l'alimentation : les responsables sont les biocarburants et la spéculation boursière

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Jean Ziegler, Rapporteur spécial de l'ONU en charge du droit à l'alimentation est très en colère, et il l'a exprimé lundi avec virulence lors d'une conférence de presse (préparatoire à une série réunion du Secrétaire général de l'ONU avec les chefs des différentes institutions des Nations Unies sur la crise alimentaire mondiale) "bizarrement" passée à la trappe par... la presse.

Jean Ziegler a consacré cette conférence de presse très importante sur deux sujets ayant directement trait à l'alimentation mondiale, afin de faire baisser, immédiatement, le prix des céréales, qui atteint des records : les biocarburants et la lutte contre la spéculation.

Et le constat est accablant : "en un an, le prix du blé a augmenté de 130%, le prix du riz de 74%, le prix du soja de 87%, et celui du maïs de 53%", dans un contexte d'une "augmentation générale de 48% des prix alimentaires", telle qu'évaluée par la FAO, organisation mondiale pour l'alimentation. Cette augmentation frappe prioritairement les pays les plus pauvres.

C'est aujourd'hui plus de deux milliards de personnes ("soit le tiers de l'humanité", rappelle le rapporteur de l'ONU) qui "vivent dans l'extrême pauvreté ou en dessous du minimum vital et ne peuvent pas payer ces prix sur le long terme", a-t-il indiqué.

Une des raisons exogènes majeure est la transformation massive de récoltes céréalières en biocarburants, aujourd'hui toujours favorisée par de nombreux États, dont la France. Mais il ne faut pas non plus oublier un mouvement jamais observé de spéculation, responsable de 30% de l'envolée des prix. Le plus scandaleux, selon Jean Ziegler et de nombreux spécialistes des marchés financiers, est que cette spéculation est l'oeuvre d'intervenants financiers soucieux d'effacer rapidement des pertes dues à la "crise des subprime"... François de Witt dénonçait, dans une chronique sur France Info le 24 avril dernier, "la spéculation actuelle sur les matières premières agricoles [qui] a quelque chose d’obscène", estimant que "spéculer sur le blé, sur le maïs, désormais sur le riz, qui représente la base alimentaire de la moitié du globe, paraît carrément ignoble. Pour compenser leurs pertes en bourse, une poignée de capitalistes blasés est prête à affamer le monde".

"Sur 2 milliards de tonnes de céréales produites, 500 millions sont contrôlées totalement par Cargill", multinationale américaine (et sans scrupule) de l’alimentation, selon les chiffres collectés par la FAO

Pour Jean Ziegler, le Fonds monétaire international (FMI), "a imposé la plantation de produits destinés à l'exportation, favorisant ainsi le déclin de l'agriculture de subsistance" : Dominique Strauss-Kahn, nommé directeur du FMI par la volonté de Nicolas Sarkozy, s'il veut prouver qu'il est réellement socialiste, a ainsi l'occasion de s'illustrer

Au final, le rapporteur spécial de l'ONU demande, une nouvelle fois, l'instauration d'un moratoire mondial de cinq ans sur les agrocarburants, en proposant de favoriser les économies d'énergies, les moteurs électriques et la possibilité d'imposer des mesures antipollution plus draconiennes aux fabricants de voiture.

Jean Ziegler a aussi appelé à briser la spéculation par des normes boursières beaucoup plus contraignantes.

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13 avril 2008

Les prix des céréales augmentent et affament les pays pauvres

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"La facture des importations céréalières des pays les plus pauvres du monde devrait augmenter de 56% en 2007/2008 après une hausse significative de 37% en 2006/2007". C'est le constat alarmant dressé par l'Organisation mondiale pour l'alimentation et l'agriculture (FAO).

Et, bien entendu, ce sont les pays les moins responsables de ces déséquilibres mondiaux et bénéficiant du moins de marges de manoeuvre qui seront les plus lourdement impactés, puisque l'analyse des perspectives de récoltes et de la situation alimentaire de la FAO indique que "pour les pays à faible revenu et déficit alimentaire en Afrique, cette facture devrait augmenter de 74 %", une hausse "due à l'envolée des cours internationaux des céréales, des tarifs du fret et du prix du baril de pétrole".

L'exprlication est simple : "la flambée des prix des denrées alimentaires frappe plus durement les pauvres, car la part de l'alimentation dans leurs dépenses totales est beaucoup plus élevée que celle des populations aisées", a fait observer Henri Josserand du Système mondial d'information et d'alerte rapide de la FAO.

Et ces causes ne sont donc pas dues, contrairement aux arguments fallacieux propagés par les lobbyes de l'industrie agricole hyper-productiviste, à  des circonstances naturelles, ou à l'opposition (de plus en plus grande partout dans le monde) aux manipulations génétiques des plantes, mais bel et bien à une économie de marché toute puissante et non-régulée, ou mal régulée.

Ce n'est d'ailleurs pas un hasard si ce sont les prix du riz et du maïs qui ont le plus augmenté selon la FAO, "suite à l'imposition de nouvelles restrictions à l'exportation par les principaux pays exportateurs". Fin mars, les prix du blé et du riz avaient doublé par rapport à ceux observés un an plus tôt et les prix du maïs avaient augmenté de plus d'un tiers. La pénurie a été organisée par les grands semanciers, pour faire augmenter les prix et ainsi gagner plus d'argent, y compris en détruisant des stocks pour cause de surproduction. Les rodomontades de personnalités telles que Michel Barnier, qui en appelle à "une initiative européenne pour la sécurité alimentaire" sont donc à la fois choquantes et indécentes.

Face à la flambée de l'IFPA (indice des prix des denrées alimentaires), l'action de la FAO, qui dispose cependant de moyens dérisoires, se concentre sur l'action locale des pays en développement, avec "une assistance technique et en matière de politique pour aider les agriculteurs vulnérables à accroître leur production".

Le 16 octobre dernier, Ban Ki-moon, Secrétaire Général de l'ONU avait déjà rappelé que "le droit à l'alimentation, inscrit dans la Déclaration universelle des droits de l'homme, ne profite pas à 854 millions de personnes dans le monde, un chiffre en progression ces dernières années".

Et avec la hausse des tarifs des céréales, ce sont les prix du pain, du lait, de l'huile, du soja et d'autres produits de base qui se sont, selon les experts, littéralement "envolés" ces derniers mois dans nombre de pays en développement.

Et des émeutes de la faim ont été signalées en Égypte, au Cameroun, en Côte d'Ivoire, au Sénégal, au Burkina Faso, en Éthiopie, en Indonésie, à Madagascar, aux Philippines et en Haïti. La faim est aujourd'hui un risque sérieux de conflits internationaux ou mondiaux.

Reste une interrogation : comment en est-on arrivés aussi vite à un tel point, alors même que la production céréalière mondiale en 2008 devrait augmenter de 2,6 % pour atteindre le niveau record de 2,12 milliards de tonnes ?

Très simple : en plus des aléas climatiques, les pays riches souhaitent mettre en place une filière industrielle de production massive de biocarburants dont l'éthanol,  une méthode qualifiée par Jean Ziegler, rapporteur spécial sur le droit à l'alimentation de l'ONU, sans ambiguité aucune, de "crime contre l'humanité lorsque l'on convertit un sol productif pour l'alimentation en terre à produire du biocarburant"...


>>  FAO : Perspectives de récoltes et situation alimentaire
>> A lire : La FAO tire la sonnette d’alarme face aux émeutes de la faim


 

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12 avril 2008

Contre Vichy, contre la vision sarkozyste de la France : Résistance !

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Le titre se veut être éloquent : et s'il était temps de résister, de s'opposer, vraiment ? Combien de temps allons-nous accepter plus ou moins la situation comme si elle était issue d'une fatalité, triste et cruelle, certes, mais fatalité quand même ?

L'excellent Sébastien Fontenelle, le 6 avril dernier, se posait déjà la question : "jusqu'à quand ?", en pointant du doigt une situation inacceptable : "Police Partout, "Socialistes" Nulle Part"...

Tous les jours, l'implacable politique de chasse aux étrangers lancée par Nicolas Sarkozy, François Fillon, Brice Hortefeux et leurs semblables se poursuit, voire s'accélère, se propage, et nous, lassés, nous fermons les yeux, silencieusement révoltés, mais incapables de réagir. Certes, une prise de position individuelle a peu de poids face à la politique "industrielle" de la vichysation de la France et de sa politique.

Mais nous nous devons, à la mémoire des victimes des rafles, des victimes d'expulsions, de ne pas rester sans réagir. D'aucuns, à droite, hurleront en disant qu'en France, quand on est républicain, on applique la loi, et on dénonce consciencieusement son voisin, y compris anonymement, parce que c'est la loi, et qu'on n'a pas à réfléchir.

Mais est-ce vraiment la République qu'un régime dans lequel les citoyens ont peur de la police, si peur qu'ils en viennent à se jeter, qui sous des rames de métro, qui dans un canal, qui par la fenêtre, pour ne pas être réexpédiés vers des contrées inamicales comme de la marchandise ?

Mais est-ce vraiment la République qu'un régime qui bafoue les principes érigés par la République comme étant des normes fondamentales, au nom desquels l'égalité, la liberté et la fraternité ? A-t-on oublié les combats pour faire reconnaitre que "les Hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits" ?

La désobéissance est-elle vraiment du côté que l'on croit ? L'amour de notre pays est-il vraiment du côté de ceux qui trient entre les couleurs, demandent de faire preuve d'une prétendue utilité, qui ordonne de quitter le territoire à une veuve ou à une femme qui prétendrait divorcer ? Ou, l'amour de notre pays est-il, au contraire, du côté de ceux qui choisissent de tout quitter pour venir vivre ici, accepter de subir des contrôles au faciès, les humiliations quotidiennes, mais qui s'accrochent, parce qu'ils veulent vivre ici, aiment ce pays, ses valeurs ?

Aujourd'hui, il nous faut décider si nous comptons fermer les yeux encore longtemps, si nous comptons faire comme si cela n'existait pas ? Aujourd'hui, il nous faut accepter de résister, si cela est nécessaire, en refusant la délation, et en acceptant de prêter aide et assistance à ceux qui en ont besoin. Maintenant. Partout. Pour la République, pour la France.


>> Réseau Education Sans Frontières

>> Unis Contre une Imigration Jetable (UCIJ)

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10 avril 2008

Nathalie Kosciusko-Morizet victime de fauchage volontaire ?

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Nathalie Kosciusko-Morizet (NKM) secrétaire d'État à l'Écologie est, depuis mardi, au centre d'une polémique assez extraordinaire et animée, fait exceptionnel, au sein de sa propre "famille" politique.

Rappel des faits : dans la nuit du mercredi 2 au jeudi 3, l'Assemblée nationale a adopté un amendement, le numéro 252 déposé par André Chassaigne, Jean-Pierre Brard et le groupe GDR de l'Assemblée nationale (prévoyant que la commercialisation et l’utilisation d'OGM ne peuvent se faire que "dans le respect des structures agricoles, des écosystèmes locaux et des filières de production et commerciales et en toute transparence"), malgré l'opposition de la FNSEA (qui a rédigé ou inspiré la quasi-totalité des amendements de la droite), du groupe UMP et de la commission.

Mardi matin, lors de la réunion du groupe UMP, Jean-François Copé a violemment attaqué Nathalie Kosciusko-Morizet, avec le soutien actif de François Fillon, Jean-Louis Borloo, Valérie Pécresse et Michel Barnier, s'autorisant même le luxe dire, lors d'une conférence de presse, tenue avec François Fillon, que la secrétaire générale adjointe de son parti est "la source du problème" au sujet de la loi sur les OGM.

Apprenant cela, et piquée au vif, la secrétaire d'État a répliqué avec une exceptionnelle franchise et beaucoup de colère dans un entretien accordé au journal "Le Monde" (cf. interview) contre "un concours de lâcheté et d'inélégance entre Jean-François Copé, qui essaie de détourner l'attention pour masquer ses propres difficultés au sein du groupe, et Jean-Louis Borloo, qui se contente d'assurer le minimum [...] Copé n'arrive pas à tenir le groupe. Quant à Jean-Louis [Borloo], j'attends avec impatience qu'il vienne exprimer la parole unique du gouvernement dans l'Hémicycle. Quand il veut, il vient".

Le président du groupe UMP avait déjà été rididiculisé publiquement par le député socialiste du Gers, Philippe Martin, qui a provoqué la colère de Jean-François Copé en révélant qu'il était "victime d’une contamination de [sa] messagerie Internet depuis deux jours". En effet, il explique : "me nommant Philippe Martin comme un collègue de la majorité, je suis victime d’une contamination de ma messagerie Internet depuis deux jours. Bien que j’appartienne au groupe socialiste, voici le type de messages que je reçois : « Le groupe UMP est en difficulté, car il n’y a pas assez de députés pour voter. Pourriez-vous vous rendre dans l’hémicycle dès que possible ? » Je demande que le groupe UMP respecte les distances de contamination à l’égard du groupe socialiste ! De même que je réclame un monde sans OGM, je veux pouvoir légiférer sans l’UMP !".

François Fillon, furieux, décida alors de "punir" sa ministre : interdite de toute apparition à l'Assemblée nationale mercredi, elle sera privée de voyage au Japon, et obligée de présenter ses "excuses publiques", ce qu'elle fit.

Cet épisode est révélateur des pratiques et de l'état d'esprit à l'œuvre au gouvernement. Il s'agit de bien plus que des petites tensions habituelles : rarement une remise en cause d'une ministre avait été autant médiatisée, et jamais un premier Ministre n'y avait pris part de la sorte. D'aucuns s'interrogent sur la fronde "filloniste" à l'encontre de celle qui vient d'être nommée, par Nicolas Sarkozy, contre l'avis de François Fillon, pour encadrer le parti majoritaire aux côtés de Xavier Bertrand.


>> Pour signer la pétition de soutien à "l'amendement 252"

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